L’approvisionnement en pétrole et matières premières en voie de raréfaction est devenu l’enjeu géostratégique majeur déterminant la politique des grandes puissances. C’est dans cette optique que le Pentagone reconfigure ses forces et repense sa doctrine stratégique. De l’Asie Centrale à l’Afrique en passant par les Balkans et le Moyen Orient, les USA veulent contrôler les zones de production et les voies d’acheminement des ressources vitales. Dans ce grand jeu, la Navy se voit attribuer un rôle clé, celui de s’assurer de la maîtrise des routes maritimes face au rival chinois. Des dizaines de milliards de dollars lui sont attribués pour financer cette montée en puissance.

Par Michael T. Klare, The Nation, 1er mai 2008

Alors que les préoccupations au quotidien de l’armée américaine sont centrées sur l’Irak et l’Afghanistan, les stratèges militaires dirigent de plus en plus leurs regards au-delà de ces deux conflits. Ils envisagent désormais l’émergence d’un théâtre d’opération global où l’élément déterminant sera la lutte pour les ressources vitales bien plus que, comme par le passé, l’idéologie ou les politiques visant à l’équilibre des forces entre les puissances. Estimant que les États-Unis devaient repenser leur doctrine militaire et reconfigurer leurs forces afin de pouvoir l’emporter dans un tel environnement, les responsables militaires américains ont pris des mesures en vue d’améliorer tant la planification stratégique que les capacités de combat de la nation. Bien que peu d’éléments aient été portés à la connaissance du public, un certain nombre d’indications significatives de cette inflexion sont pourtant connus.

Depuis 2006, le ministère de la défense, dans son rapport annuel intitulé « Puissance Militaire de la République Populaire de Chine », met désormais sur le même plan la compétition pour les ressources et l’éventualité d’un conflit au sujet de Taiwan en tant que causes potentielles pouvant déclencher une guerre entre les États-Unis et la Chine. La préparation à un affrontement pour Taiwan reste « un facteur important » de la modernisation militaire entreprise par la Chine, note l’édition 2008 de ce rapport, mais « l’analyse des acquisitions militaires et de la réflexion stratégique chinoise suggèrent que Beijing développe également des capacités utilisables dans d’autres circonstances, telles qu’un conflit sur les matières premières. » Ce rapport suggère que les Chinois envisagent de renforcer leur capacité de « projection de puissance » dans des régions qui leur fournissent les ressources dont l’importance est critique, en particulier les combustibles fossiles, et que ces efforts constituent une grave menace pour l’Amérique en matière de sécurité.

Le Pentagone a également demandé des fonds cette année pour la mise en place du Commandement Afrique (AFRICOM). Il s’agit là de la première structure de commandement déployée outre-mer depuis 1983, à l’époque où le président Reagan avait créé le Commandement Central (CENTCOM) afin de s’assurer du pétrole du Golfe Persique. Ce nouveau QG est censé concentrer ses efforts sur l’aide humanitaire et la « guerre contre le terrorisme ». Mais lors d’une intervention effectuée à la National Defense University en février dernier, Le Vice Amiral Robert Moeller, commandant adjoint de l’Africom, déclarait que « l’Afrique a de plus en plus d’importance géostratégique » pour les Etats-Unis. Le pétrole est un facteur clé dans cette équation et parmi les défis majeurs posés aux intérêts stratégiques des USA dans la région se trouve l’ « influence croissante en Afrique » de la Chine.

La Russie est elle aussi vue à travers le prisme de la concurrence mondiale pour les approvisionnements en matières premières. Bien que la Russie, contrairement aux Etats-Unis et la Chine, n’ait pas besoin d’importer du pétrole et du gaz naturel pour satisfaire ses besoins propres, elle cherche à dominer le secteur du transport de l’énergie, en particulier vers l’Europe. Ce qui provoque l’inquiétude des hauts fonctionnaires de la Maison Blanche, redoutant la restauration par la Russie de son statut de grande puissance, et qui ont peur que son contrôle accru sur la distribution de d’énergie en Eurasie ne réduise l’influence de l’Amérique dans la région. En réponse à la politique énergétique russe, le gouvernement Bush a pris des mesures destinées à la contrer. « J’ai l’intention de nommer … un coordinateur spécial pour l’énergie qui pourrait notamment consacrer du temps à l’Asie centrale et la région de la Caspienne, » a déclaré la Secrétaire d’État Condoleezza Rice devant la Commission des Affaires Etrangères du Sénat en février dernier, précisant qu’ « il s’agit vraiment d’une partie importante de la diplomatie. » L’une des tâches majeures de ce coordinateur, a-t-elle suggéré, devrait être d’encourager la création d’oléoducs et de gazoducs contournant la Russie, ce qui réduirait d’autant son contrôle sur les flux régionaux d’énergie.

Prises ensemble, ces mesures et d’autres du même type suggèrent qu’un changement majeur est intervenu. Au moment où l’offre mondiale de pétrole de gaz naturel, d’uranium et des principaux minéraux industriels comme le cuivre et le cobalt commence à baisser, alors même que la demande pour ces produits explose, les grandes puissances industrielles sont de plus en plus désireuses de prendre le contrôle de ce qui reste de réserves inexploitées sur la planète [1]. Ces efforts donnent généralement lieu à d’intenses compétitions à coup d’appel d’offres sur les matières premières sur les marchés internationaux. Ceci explique les prix record atteints par tous ces produits de base. Mais ils ont également un aspect militaire, qui prend la forme de livraisons d’armes, de déploiement de missions militaires et de l’installation de bases à l’étranger. Ces mesures ont pour objectif de conforter l’avantage des USA ainsi que de contrer les initiatives prises sur ce terrain par la Chine et les autres concurrents en compétition pour les ressources. Désormais, le Pentagone a placé cette concurrence pour l’accès aux matières premières au centre de sa planification stratégique.

Une relecture d’Alfred Thayer Mahan

Ce n’est pas la première fois que les stratèges américains accordent la priorité à la lutte mondiale pour les ressources vitales. À la fin du XIXe siècle, un groupe très affirmé de penseurs militaires dirigé par l’historien naval et président du Naval War College Alfred Thayer Mahan et son protégé, le futur Sous-Secrétaire de la Marine Theodore Roosevelt, faisait campagne en faveur d’une marine américaine forte et pour l’acquisition de colonies, ceci afin de garantir l’accès aux marchés d’outre-mer et aux matières premières. En fin de compte, leur point de vue a contribué à gagner le soutien de l’opinion publique à la guerre hispano-américaine et, après celle-ci, à l’établissement d’une domination de la Caraïbe et du Pacifique par les États-Unis.

Durant la guerre froide, la vision idéologie était prédominante. La politique de « containment » de l’URSS et la défaite du communisme étaient les objectifs primordiaux de la stratégie américaine. Mais même pendant cette période, la prise en compte des considérations sur les ressources n’était pas totalement négligée. La doctrine Eisenhower de 1957 et la doctrine Carter de 1980, bien que rédigées selon les normes de la rhétorique anti-soviétique en vigueur, étaient principalement destinées à assurer l’accès des États-Unis dans un golfe Persique riche en réserves pétrolières. Et lorsque le Président Carter a créé le noyau de CENTCOM en 1980, sa mission première était de protéger les flux pétrolier en provenance du golfe Persique, pas de contenir l’influence de l’Union Soviétique.

Après la guerre froide, le premier Président Bush a tenté - et échoué - de mettre sur pied une coalition mondiale d’États partageant les mêmes convictions - le « nouvel ordre mondial » - qui permettrait de maintenir la stabilité internationale et autoriserait les intérêts et les entreprises occidentales (c’est-à-dire au premier chef américaines) à étendre leur influence sur toute la planète. Cette approche, sous une forme plus édulcorée, a ensuite été reprise par le Président Clinton. Mais le 11 septembre et la campagne incessante menée depuis par le gouvernement Bush contre les « Etats voyous », notamment l’Irak sous Saddam Hussein et l’Iran, a réintroduit une dimension idéologique dans la planification stratégique des États-Unis. Comme le déclare George W. Bush, la « guerre contre le terrorisme » et les Etats voyous sont des équivalents contemporains des combats idéologiques qui ont été livrés par le passé contre le fascisme et le communisme. Mais en examinant ces questions de près il est impossible de dissocier le problème du terrorisme au Moyen-Orient, ou le défi posé par l’Irak et l’Iran, de l’histoire de l’exploitation occidentale du pétrole dans cette région.

L’extrémisme islamique du type de celui propagé par Ousama Ben Laden et Al-Qaida a de nombreuses racines, mais l’un de ses principaux griefs est que l’agression et l’occupation par l’occident des terres de l’islam - et l’humiliation des peuples et de la culture musulmane qui en résulte - provient de sa soif de pétrole Moyen-Oriental. « Rappelez-vous aussi que la principale raison pour laquelle nos ennemis contrôlent nos terres c’est pour voler notre pétrole, » déclarait Ben Laden dans un discours enregistré à l’adresse de ses sympathisants en décembre 2004. « En conséquence, faites tout ce que vous pouvez pour mettre fin au plus grand vol de pétrole de l’histoire. »

De la même façon, le conflit opposant les Etats-Unis avec l’Iraq et l’Iran a été largement déterminé par le principe fondamental de la doctrine Carter énonçant que les États-Unis ne permettraient pas l’émergence d’une puissance ennemie qui puisse exercer un contrôle sur le flux de pétrole en provenance du Golfe Persique et donc - pour reprendre les termes employés par le Vice Président Dick Cheney - « d’être en mesure de dicter l’avenir de la politique énergétique mondiale. » Le fait que ces pays puissent vouloir se doter d’armes de destruction massive ne fait que compliquer la tâche pour neutraliser la menace qu’ils représentent, mais cela ne modifie pas la logique stratégique sous-jacente.

Les préoccupations concernant la sécurité des ressources vitales ont donc été au coeur de la planification stratégique depuis fort longtemps. Mais désormais, la place accordée à cette question indique un changement qualitatif dans la pensée stratégique des États-Unis, qui n’a d’égal au plan historique que le projet impérial qui a conduit à la guerre hispano-américaine il y a de cela un siècle. A la différence que cette fois, l’évolution en cours est motivée non par une foi optimiste en la capacité des USA à dominer l’économie mondiale, mais en grande partie par l’assombrissement des perspectives en ce qui concerne la disponibilité future de ces ressources vitales ainsi que par l’intense concurrence de la Chine et des autres locomotives économiques montantes. Face à ces deux défis, les stratèges du Pentagone pensent que le fait d’assurer la primauté des États-Unis dans cette lutte mondiale pour les ressources doit constituer la priorité de la politique militaire américaine.

Retour vers le futur

Conformément à cette perspective, une insistance nouvelle est mise sur le rôle mondial de la Marine. Reprenant un langage qui semblerait étonnamment familier à Alfred Mahan et au premier président Roosevelt, la Navy, le corps des Marines et les Gardes Côtes ont dévoilé en octobre une « Stratégie de Coopération pour la Puissance Maritime au 21ème siècle » qui met l’accent sur le fait que l’Amérique a besoin de dominer les océans et de défendre l’essentiel des voies maritimes qui relient l’Amérique avec ses marchés situés outre-mer et les régions d’où proviennent ses ressources :

Durant les quatre dernières décennies, le total du commerce maritime a plus que quadruplé : 90% du commerce mondial et les deux tiers du pétrole sont transportées par mer. Les routes maritimes et les infrastructures côtières sont le lien vital de l’économie mondiale moderne …. L’augmentation de la consommation de masse et la concurrence accrue pour les ressources, la raréfaction de celles-ci, pourraient encourager les états à revendiquer une souveraineté accrue sur de plus vastes étendues maritimes, les cours d’eau et les ressources naturelles, créant une source potentielle de conflit.

Pour faire face à ce danger, le ministère de la défense a entrepris une ambitieuse modernisation de la flotte de combat, incluant la conception et l’achat de nouveaux porte-avions, de destroyers, de croiseurs, de sous-marins et d’un nouveau type de navire de « combat littoral ». Cet effort pourrait nécessiter des décennies pour être achevé et coûter des centaines de milliards de dollars. Certains éléments de ce plan ont été dévoilés par le Président Bush et le Secrétaire à la défense Gates dans le projet de budget pour l’exercice 2009, présenté en février. Parmi les grands programmes de construction navale décrits dans le budget on trouve :

-  4,2 milliards de dollars pour une nouvelle génération de porte-avions à propulsion nucléaire.

-  3,2 milliards pour un troisième destroyer lance-missile de la classe Zumwalt. Ces navires dotés de capacités de furtivité avancées serviront également de « banc d’essai » pour une nouvelle classe de missiles de croisière, le CG(X).

-  1,3 milliards pour les deux premiers navires de combat littoral.

-  3,6 milliards pour un nouveau sous-marin de la classe Virginia, qui est à l’heure actuel le programme le plus sophistiqué au monde dans ce type de navire.

Les projets de programmes de construction navale coûteront 16,9 milliards de dollars au cours de l’exercice 2009, venant s’ajouter aux 24,6 milliards votés pour l’exercice 2007 et l’exercice 2008.

La nouvelle perspective stratégique de la Navy se traduit non seulement par l’achat de nouveaux navires, mais aussi dans le déploiement de ceux qui sont déjà en service. Jusqu’à une date récente la plupart des unités navales étaient concentrées dans l’Atlantique Nord, la Méditerranée et le Nord-Ouest du Pacifique, en appui des forces américaines affectées à l’OTAN et dans le cadre de la défense des pactes signés avec la Corée du Sud et le Japon. Ces liens figurent toujours en bonne place dans les calculs stratégiques, mais l’accent est mis de plus en plus sur la protection indispensable des routes commerciales dans le golfe Persique, le sud-ouest du Pacifique et le golfe de Guinée (proche des principaux producteurs de pétrole en Afrique). Ainsi en 2003, le chef des forces américaines en Europe a déclaré que le groupe aéronaval sous son commandement, passerait moins de mois en Méditerranée et serait « la moitié du temps le long de la côte ouest de l’Afrique. »

Ce sont des préoccupations semblables qui motivent la réorganisation des bases situées outre-mer entreprise au cours de ces dernières années. Lorsque le gouvernement Bush est entré en fonction, la plupart des bases principales se trouvaient en Europe occidentale, au Japon ou en Corée du Sud. Sous la direction de Donald Rumsfeld, alors Secrétaire à la Défense, le Pentagone a commencé à déplacer ses forces des régions situées au marges de l’Eurasie en direction des zones du sud et du centre de celle-ci, tout particulièrement dans la partie Centre-Est de l’Europe, en Asie centrale et en Asie du sud-ouest - ainsi que vers l’Afrique du Nord et l’Afrique Centrale. Ce sont certes les régions où se trouvent Al-Qaida et les « Etats voyous » Moyen-orientaux - mais elles recèlent également 80% ou plus des réserves mondiale de pétrole et de gaz, ainsi que les gisements d’uranium, de cuivre, de cobalt et d’autres matières premières utilisées par l’industrie. Comme nous l’avons déjà indiqué précédemment, il est impossible de séparer ces deux dimensions dans les calculs stratégiques des États-Unis.

Un exemple en est fourni par le projet américain consistant à installer une base de soutien logistique permettant de mener des opérations de combat dans le bassin de la mer Caspienne et en Asie centrale. Les relations des USA avec les États de la région ont été établies plusieurs années avant le 11 septembre et visent à protéger le flux de pétrole en provenance de la mer Caspienne en direction de l’occident. Estimant que le bassin de la mer Caspienne pourrait se révéler une nouvelle source précieuse de pétrole et de gaz naturel, le Président Clinton avait travaillé sans relâche pour ouvrir cette région pétrolière aux intérêts américains. Très conscient de l’existence de conflits ethniques endémiques dans cette région du monde, il a cherché à renforcer les capacités militaires des gouvernements amis et à préparer une éventuelle intervention des forces américaines. Le Président Bush a ensuite poursuivi ces efforts, en augmentant le volume de l’aide militaire américaine et en créant des bases militaires dans les républiques d’Asie centrale.

C’est un ensemble de priorités semblable qui amène le Pentagone à vouloir conserver un réseau de bases « permanentes » en Irak. Nombre de ces installations seront sans doute utilisées pour soutenir la poursuite des opérations contre les forces rebelles, pour des activités de renseignement ou pour la formation de l’armée et des de la police irakiennes. Même si toutes les troupes de combat américaines sont rapatriées conformément aux promesses faites par les sénateurs Clinton et Obama, certaines de ces bases seront probablement maintenues et consacrées à l’entraînement des forces irakiennes qu’ils affirment vouloir poursuivre. De plus, quelques bases au moins sont spécifiquement dédiées à la protection des exportations du pétrole irakien. En 2007, par exemple, la Navy a révélé qu’elle avait mis en place un centre de Commandement et de Contrôle des Opérations, situé au sommet d’une plate-forme pétrolière irakienne offshore dans le golfe Persique pour superviser la protection des terminaux essentiels.

A suivre…


 

 


 

 

[1] Sur les pénuries dans les combustibles fossiles, voir : Klare, « Au-delà de l’âge du pétrole », Novembre 12, 2007, et Mark Hertsgaard, “Running on Empty,” Mai 12

Publication originale The Nation, traduction Contre Info

Illustration : manoeuvres maritimes Rimpac, 2006

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MOSCOU, 7 mai - RIA Novosti. Il est impossible d’accorder du crédit aux promesses des dirigeants américains, a confié le dernier président de l’URSS Mikhaïl Gorbatchev dans une interview publiée mercredi par le journal britannique Daily Telegraph.

“Les Américains avaient promis que l’OTAN ne s’étendrait pas au-delà des frontières de l’Allemagne après la Guerre froide. Résultat, la moitié des Etats d’Europe centrale et orientale sont désormais membres de l’Alliance, et l’on se demande bien ce que sont devenues ces promesses. Cela prouve qu’on ne peut pas leur faire confiance”, a déclaré M. Gorbatchev au cours d’un séjour à Paris.

“Les Etats-Unis ne supportent aucun Etat agissant de manière indépendante. Chaque président américain souhaite la guerre”, estime le père de la Perestroïka, qui a adopté à la fin des années 1980 différentes mesures destinées à améliorer les relations russo-américaines.

“Nous disposions de dix ans, après la fin de la Guerre froide, afin d’édifier un nouvel ordre mondial, et nous les avons gaspillés, sans aucun résultat”, a-t-il fait remarquer.

M. Gorbatchev a dénoncé le caractère “infondé” des déclarations de dirigeants américains qui accusent Moscou d’entretenir une rhétorique agressive entraînant dernièrement une dégradation des relations avec l’Occident, Washington étant responsable de l’augmentation de la tension dans le monde.

“Le problème, ce n’est pas la Russie. La Russie n’a pas d’ennemis, et n’a pas l’intention d’entrer en guerre contre les Etats-Unis ou contre qui que ce soit. On a parfois l’impression que Washington souhaite guerroyer avec la Terre entière”, a déclaré l’ancien président de l’URSS, en référence aux déclarations du chef du Pentagone Robert Gates, qui a mentionné la menace présentée “par le cheminement incertain de la Chine et de la Russie”.

M. Gorbatchev a qualifié l’éventuel déploiement en Europe orientale d’éléments du bouclier antimissile (ABM) américain de “démarche dangereuse”, qui “relance à un niveau inédit la course aux armements”.

 
Sources  Novosti

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Posté par Kyja le 7/5/2008

Paul Craig Roberts, sous-secrétaire au Trésor dans l’administration Reagan, économiste et ancien éditorialiste au Wall Street Journal et à Business News :

“Pourquoi les médias collent-ils sur les sceptiques vis-à-vis de la version officielle l’étiquette « théoriciens du complot » et « excentriques » ?

Quel mal y a-t-il à débattre et à écouter les deux aspects de la question qui détermine notre époque ? Si la ligne officielle est aussi correcte et défendable, qu’a-t-elle à craindre des sceptiques ?”

- Un constat : journalistes et chercheurs francophones ont gravement failli jusqu’à présent aux demandes légitimes de débats et d’investigations sur les attentats du 11 septembre 2001 

Pour rappel, nous, simples citoyens, demandons à être éclairés sur un événement qui a changé le cours de l’histoire. N’ayant pas les moyens, ni l’expertise pour enquêter sur un sujet aussi vaste et complexe, nous n’avons eu et n’avons toujours de cesse d’interpeller les journalistes, les scientifiques et de leur demander d’enquêter sur les graves lacunes de la version officielle des attentats du 11 septembre 2001 (pour plus d’informations, voir les dossiers “Le 11 Septembre : les points essentiels” et “Des experts face au 11 Septembre : entre doutes et accusations“ ); c’est-à-dire de faire le travail qu’ils ont choisi d’exercer (et pour lequel ils sont payés), à savoir respectivement nous informer et apporter l’explication scientifique la plus rigoureuse possible sur ces événements dramatiques.

 

 
La morgue et la diffamation

 

Or, quand cela n’a pas été le silence, la seule et unique réponse de la grande majorité d’entre eux a consisté bien souvent à nous traiter de « conspirationnistes », ou pire, d’anti-américains, de révisionnistes, d’antisémites, de négationnistes et à nous accuser de diffuser des rumeurs. C’est simple. Tous ceux qui osent exprimer, en public, leurs doutes sur la version officielle du 11 septembre 2001, quelqu’ils soient, inconnus ou non, sont pointés irrémédiablement du doigt, victimes impuissantes d’un véritable terrorisme intellectuel: en ce sens, le traitement médiatique déplorable réservé à Marion Cotillard a été malheureusement exemplaire.  De telles réactions excessives ont en réalité toutes les caractéristiques constitutives du délit d’opinion, du crime de la pensée (diabolisation systématique au lieu d’un débat objectif et équilibré….) et érigent les questions sur le 11 Septembre en sujet tabou. De tels comportements d’un autre âge ne sont pas dignes d’une démocratie (voir à ce sujet l’analyse implacable de Taïké Eilée: Un naufrage médiatique“  et “11-Septembre : un sauvetage numérique ?“  ). 

On nous traite également bien souvent de « théoriciens du complot ». S’il est un point sur lequel chacun peut s’accorder, c’est qu’un complot est effectivement à la base des attentats du 11 Septembre, quelqu’en soient les auteurs et complices éventuels. De la même manière, la presse a bien parlé d’un complot lorsque fut déjouée complot est effectivement à la base des attentats du 11 Septembre, quelqu’en soient les auteurs et complices éventuels. De la même manière, la presse a bien parlé d’un complot lorsque fut déjouée l’opération Bojinka qui devait faire exploser en vol une douzaine d’avions de ligne au-dessus de l’océan Pacifique. Il ne s’agit pas de chicaner sur l’usage de tel ou tel mot, mais plutôt d’insister sur l’insignifiance et le caractère caricatural, erroné et irrationnel du langage formaté qui sert à marginaliser, en lui retirant tout crédit, la communauté des sceptiques et à invalider leurs arguments sans même chercher à y répondre : ces termes « conspirationniste » ou « complotiste » sont les plus évidentes manifestations de cette stratégie du déni. Pour information, le terme « conspirationniste :» est un néologisme absent de la plupart des dictionnaires de français ! 

Ces derniers temps, les rares journalistes ou chercheurs francophones qui ont publié des articles à ce propos n’ont pas enquêté à proprement parler sur le sujet : ils se sont souvent contentés de faire une introduction amalgamant tout sans rien approfondir, puis de reproduire in extenso des articles déjà publiés et déjà démontés, également, par le mouvement aux Etats-Unis (articles du Monde Diplomatique en décembre 2006 et dans AFIS Sciences de novembre 2007). En cela, le papier de Nathalie Bastin publié sur le site de l’ESISC est presque original dans le genre. Nous avons également eu droit à une brève évocation du site ReOpen911.info dans la partie de l’émission de France 2 « 13h15 », « Rumeurs sur le Net ». Canal + a diffusé dernièrement un documentaire dans Jeudi investigation en partie consacré à Loose Change intitulé “Rumeur, intox: les nouvelles guerres de l’info” qui à notre grand dam est tombé dans tous les travers relevés plus haut (amalgames, contre-vérités….etc voir la réponse de l’association ReOpen911 et la réponse de l’association ReOpen911 et celle du directeur des Editions Demi-Lune).

Or nous passons un temps considérable à compulser les rapports scientifiques officiels (dont ceux de la FEMA et du NIST), une partie de notre argent à faire le travail de journalistes “payés pour” et à pallier leur impéritie, tant bien que mal dans la limite de nos moyens plutôt modestes. Et ces mêmes journalistes ou « experts », n’ayant même pas selon toute vraisemblance étudié les faits sérieusement, qualifient notre travail de rumeurs et ne se sentent, en revanche, aucunement obligés, eux, d’étayer leurs accusations sans appel.

Cela dit, bien que notre jugement soit sévère sur le travail limité réalisé jusqu’à présent à propos des attentats du 11 septembre 2001, nous sommes néanmoins conscients, ayant consacré nous-mêmes des mois voire des années à son étude, qu’une telle enquête nécessite des moyens conséquents et du temps compte tenu de la complexité du sujet. De plus, nombre de chercheurs sur la question doivent souvent faire face à une sorte de blocage psychologique, à des barrières qu’il faut surmonter pour parvenir à étudier en toute objectivité cet événement mondial traumatisant : il faut en effet avoir au préalable dépassé le stade de la croyance aveugle en la version officielle et être soi-même capable de la remettre en question. Cette étude d’une spécialiste américaine en neurosciences traduite en français est d’ailleurs très éclairante sur le sujet. 
 

- Un rappel nécessaire de la déclaration des devoirs et des droits des journalistes de 1972 :

«Chercheurs » de l’ESIC et de l’AFIS, journalistes du Monde Diplomatique, de France 2, de Canal + et d’Arte, nous vous saurions gré de cesser vos dénigrements sans consistance et, plus grave, sans fondement, à l’encontre de notre démarche de recherches et de partage d’informations. En agissant ainsi, vous ne faites pas honneur à vos professions respectives.

Journalistes d’investigation, votre métier est certes difficile. Cependant, si vous avez des droits, vous avez également des devoirs que vous vous devez de respecter par égard pour nous, pour l’opinion publique et vos concitoyens.

 

 “Extrait de la Déclaration des devoirs et des droits des journalistes de 1972

 

Le droit à l’information, à la libre expression et à la critique est une des libertés fondamentales de tout être humain. De ce droit du public à connaître les faits et les opinions procède l’ensemble des devoirs et des droits des journalistes. …

1. Déclaration des devoirs

 

 … 1. Respecter la vérité, quelles qu’en puissent être les conséquences pour lui-même, et ce, en raison du droit que le public a de connaître la vérité… »

 

A la lecture de cette déclaration, la première question qui vient à l’esprit est la suivante : le public français, et plus largement francophone, a-t-il le droit, aujourd’hui, de connaître objectivement les faits et les opinions même controversées concernant les attentats du 11 septembre 2001 (cette question se posant avec d’autant plus d’acuité suite au précédent Dasquié) ? Et c’est uniquement par la qualité de votre traitement ou non-traitement des controverses autour de ces attentats que vous seuls, journalistes, allez répondre à cette question légitime ; vous en avez l’unique et entière responsabilité. En somme, nous invitons tous les journalistes à jouer pleinement le rôle que tout citoyen est en droit d’attendre d’eux dans une démocratie, en les informant des enjeux en question.

 

De notre côté, nous essayons par tous les moyens (encore une fois trop modestes) d’informer nos concitoyens via l’Internet et des projections-débats. Mais nous ne pouvons pas non plus tout faire tout seuls, d’autant plus que ce n’est pas notre travail : nous avons donc besoin de vous. Prenez enfin vos responsabilités, car cela ne peut plus continuer ainsi : le sujet en lui-même est bien trop capital pour l’ignorer ou le discréditer comme cela a été le cas jusqu’à présent.
 

- Un espoir : le défi d’investigation et de débat lancé par ReOpen911 aux journalistes et chercheurs francophones :

Au vu des recherches déjà réalisées, nous sommes bien sûr prêts, le cas échéant, à apporter toute notre aide aux journalistes qui souhaitent se lancer dans un tel travail de longue haleine. Nous avons pris connaissance des nombreux travaux de recherche et des enquêtes de journalistes américains (voir par exemple cet excellent site) dont quelques-uns ont été traduits par les soins de ReOpen911.info. Nous avons pu ainsi bien avancer et sommes de fait devenus, en quelque sorte, de très bons connaisseurs du sujet. Nous avons d’ailleurs élaboré un dossier de presse complet sur la question afin de vous aider à y voir plus clair, et nous sommes tout à fait prêts à participer à tout débat sur le sujet. 

Cependant, nos moyens humains et financiers nous limitent dans nos recherches et dans l’avancée des différentes enquêtes. C’est pourquoi nous avons sélectionné quelques sujets d’investigation à traiter en priorité. Le défi d’investigation lancé à tous les journalistes et chercheurs qui souhaitent parler de notre association, de notre combat, et étudier les attentats du 11 septembre 2001, est le suivant : il s’agit d’approfondir précisément ces sujets (liste non exhaustive et susceptible d’être mise à jour) :

- Sujet d’investigation « Relations Oussama Ben Laden-CIA en 2001» : réalité de la rencontre d’un agent de la CIA avec OBL en juin 2001 à Dubaï dans un hôpital américain (Figaro (31/10/2001), RFI (31/10/2001) ou encore RFI (1 /11/2001)).

- Sujet d’investigation « Méthode scientifique du NIST » : 

       - 1)Le NIST a écarté a priori l’hypothèse de l’utilisation d’explosifs dans le WTC mais il n’a pas testé l’acier retrouvé afin de rechercher des traces d’explosifs potentiels. Le NIST n’aurait donc aucune preuve concrète pourtant simple à rechercher que des explosifs n’ont pas été utilisés dans ces effondrements.

      - 2) Le NIST, dont l’un des objectifs était de déterminer pourquoi et comment les Tours Jumelles se sont effondrées, n’a enquêté que sur la période allant de l’impact des avions jusqu’au début de l’effondrement.

     - 3) Le Dr. James Quintiere, ancien chef de la division scientifique du feu du NIST, a récemment déclaré que « la conclusion officielle à laquelle est arrivé le NIST est contestable » et il a demandé une révision indépendante de l’enquête du NIST sur l’effondrement des tours du WTC.

Quintiere a attiré l’attention sur de nombreux problèmes dans l’enquête et dans les rapports du NIST : absence de chronologie, échec à expliquer l’effondrement du WTC 7, altération des indices de la scène du feu, confiance en des modèles informatiques douteux, absence de preuve d’existence des températures nécessaires, selon le NIST, à la défaillance de l’acier…

- Sujet d’investigation - Les indices de connaissance préalable de l’imminence des attentats par le gouvernement et les services secrets US et étrangers, de même que les exercices de simulations militaires organisés avant et pendant les attentats sur la base de scénarios comparables ou similaires.

                                                                                                                                        ***

Un tel défi présente de nombreux intérêts : il permettra de mesurer en toute connaissance de cause et de façon appropriée le degré de sérieux et le niveau de recherches des journalistes et/ou chercheurs qui s’exprimeront sur la question. De plus, étant donné que la plupart des sujets d’investigation sélectionnés ont été choisis en tenant compte de l’évolution actuelle des recherches et du débat aux USA, cela permettra ainsi d’être en prise directe avec les questions qui se posent aujourd’hui aux USA.

Journalistes et chercheurs (universitaires, scientifiques…) ne partent pas de rien pour commencer leurs études ; outre des films documentaires, il existe aussi des livres de qualité sur le sujet. Par ailleurs, des journalistes réputés, tel Eric Laurent, ont mené des enquêtes sérieuses sur ces attentats (voir films documentairesLa Face cachée du 11 Septembre). Dernièrement, John Paul Lepers avec la Télé libre, ou encore Daniel Schneidermann dans Arrêt Sur Image se sont intéressés à la question : ils ont eu au moins le mérite et l’honnêteté de rencontrer les membres de ReOpen911 contrairement à Nathalie Bastin et aux journalistes de France 2, et de suivre quelques activités de cette association.

La question cruciale est donc bien de savoir qui sera prêt dans le futur à relever ce défi, comme certains de vos collègues suisses osent le faire, ou qui se contentera de resservir les mêmes allégations sans fondement et de faire courir les mêmes rumeurs à notre encontre. Dans tous les cas, si vous, journalistes et chercheurs, ne remplissez pas vos devoirs, sachez que nous ferons légalement respecter nos droits en matière de diffamation ainsi que nos droits à l’information.

 

http://www.reopen911.info/11-septembre/lassociation-citoyenne-reopen911-lance-un-defi-dinvestigation-et-de-debat-a-tous-les-journalistes-et-chercheurs-francophones/#more-394

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“George W. Bush a décidé de lancer de vastes opérations terroristes qui seront déclenchées au Liban pour se terminer en Afghanistan”. A annoncé Fox News, citant des sources bien informées américaines. “George Bush a paraphé un texte top secret selon lequel, des activités sensibles s’effectueront du Liban jusqu’en Afghanistan.” Selon le texte, les importants dirigeants de la région dont le président iranien Mahmoud Ahmadinejad seront tués et les groupes terroristes, dont le groupuscule des Monafeqin, bénéficieront d’un vaste appui financier et en armement. Le texte prévoit des actes terroristes contre les leaders de la résistance islamique au Liban et en Palestine. Ces opérations d’envergure coûteront une bagatelle de 300 millions de dollars aux contribuables américains.


Mardi 06 Mai 2008


http://french.irib.ir http://french.irib.ir

 

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A l’approche de ce triste 8 mai où Israël s’apprête à célébrer son anniversaire, cela sans aucune considération pour les Palestiniens, spoliés, chassés hors de chez eux et maltraités depuis 1948, moment de sa création. Anniversaire extrêmement douloureux pour ceux des Palestiniens et voisins arabes, qui se battent pour leur survie et leurs droits depuis 60 ans, et qui doivent se sentir, en cette occasion, encore plus humiliés et écrasés que jamais.
Nous mettons en ligne un article publié en 2003 et qui demeure malheureusement toujours d’actualité.

 

Au moment où Israël, soutenu par les gouvernements occidentaux, s’apprête à célébrer avec faste le soixantième anniversaire de sa création (*), et alors que les Palestiniens, bouclés dans des ghettos, n’ont jamais été aussi opprimés, nous rediffusons un article, écrit en août 2003, qui conserve, malheureusement, toute son actualité.
L’Etat d’Israël a été fondé, en 1948, sur un crime que les victimes palestiniennes ont appelé “Nakba”, “catastrophe”. Cela s’est traduit par l’expulsion brutale de près de 90% des natifs palestiniens hors de chez eux. Nous pensons qu’il n’y aura aucune paix possible aussi longtemps qu’Israël ne reconnaîtra pas ses torts et ne rendra pas aux Palestiniens ce qu’il leur a extorqué par la force durant ces soixante années.
Alors que la situation des Palestiniens s’est dangereusement aggravée, du fait de l’étranglement maintenu par l’occupant israélien, nos gouvernements devraient avoir la décence de refuser de participer à ces célébrations. Et les journalistes devraient avoir enfin l’honnêteté de dire la vérité sur l’apartheid pratiqué par Israël vis-à-vis des Palestiniens, et de la répéter jusqu’à ce qu’une solution conforme au droit international soit apportée à cette tragédie.


 

Nous ne devons jamais cesser de chercher l’humaine réalité.

Quand on découvre le degré de confusion dans lequel la désinformation a plongé les gens, dans les pays occidentaux, sur la guerre que livre Israël contre le peuple palestinien, on a de quoi s’inquiéter de l’efficacité de la propagande répandue par les autorités israéliennes et leurs relais.

Or, si les journalistes avaient gardé une équidistance par rapport aux parties en cause, relaté les faits en toute objectivité, systématiquement rappelé cette chose simple : que les Palestiniens sont victimes d’une immense injustice qui demande réparation - l’arrivée massive sur leur terres d’immigrants de confession juive qui les ont graduellement chassés, persécutés, massacrés en toute impunité - nous n’en serions peut-être pas là.

Il ne s’agit pas ici de refaire l’histoire, ni d’être pro-israélien ou pro-palestinien. Il s’agit simplement de savoir reconnaître la vérité des faits et de l’assumer humainement pour rendre justice aux victimes palestiniennes de l’oppression d’Israël, comme on a rendu justice, hier, aux victimes des crimes nazis (dont les Palestiniens ne sont en rien responsables).

Israël, fort de ses services de propagande et de renseignements – services qui infiltrent, manipulent, corrompent, tissent des réseaux secrets - a su asseoir son pouvoir sur l’information avec une efficacité redoutable. Répercuter tout ce que cet allié des Etats-Unis décrète et répand est de bon ton dans les rédactions. Par contre, dénoncer ce qui l’incrimine gravement n’est pas convenable.

Dans le respect de la vérité et de la justice, les citoyens doivent exiger des journalistes qu’ils cessent de les intoxiquer en rapportant les informations biaisées que les agents de communication, liés aux pouvoirs politiques et militaires dominants, ont pour métier de répandre. Israël et son influent « lobby » sont l’un de ces pouvoirs de manipulation et d’intoxication. Pouvoirs qui savent se faire craindre et que par conséquent, peu osent affronter ou contredire.

C’est à force de tromperies et de servilité que certains journalistes obtiennent leurs galons et bâtissent leur carrière. Or, quand les médias nous livrent une information falsifiée ou expurgée, ce n’est pas sans graves conséquences pour les peuples concernés. Ils privent la société d’une connaissance précieuse pour la compréhension des faits et la possibilité d’agir, de secourir les victimes, quand il est encore temps. Les Palestiniens ont déjà trop souffert ; ils ne peuvent plus attendre dix ans, vingt ans.

Nous sommes catégoriques : les journalistes portent une lourde responsabilité dans le pourrissement d’une situation qui fait l’affaire d’Israël et pénalise les Palestiniens.

Depuis des décennies les grands médias occidentaux, fortement influencés par la propagande militaire israélienne et les organisations juives dans le monde, s’ingénient à accréditer l’idée qu’Israël serait “menacé par les Arabes et les musulmans”.

Des personnes de confession juive, partout dans le monde, se disent constamment menacées dans leur intégrité. Leurs dires sont tout à fait fantaisistes, mais n’en exercent pas moins une intense pression sur les gouvernements, les médias, l’opinion.

De leur côté, des journalistes et des groupes de pression ouvertement pro-israéliens, n’ont pas cessé d’exploiter la souffrance générée par l’holocauste et d’agiter le spectre de l’antisémitisme pour culpabiliser ceux qui demandent justice pour les Palestiniens victimes, à leur tour, d’épuration ethnique, de ghettoisation.

Or, quand on découvre l’étendue des persécutions qu’Israël a infligées aux Palestiniens depuis 1948, on demeure stupéfait par cette distorsion de la vérité. Pourquoi, depuis soixante ans, nous a-t-on parlé avec une telle insistance des victimes juives du nazisme alors qu’on passait sous silence les victimes palestiniennes des persécutions israéliennes ? Pourquoi deux poids deux mesures ?

Israël, et ses indéfectibles relais, nous ont toujours donné une version totalement faussée de ce qui se passe au Moyen Orient. Les campagnes qui présentent constamment les personnes de confession juive en victimes, ont pour but d’étouffer toute critique à l’encontre de l’État d’Israël ; un État, qui, peu le savent, s’est créé sur de nouvelles injustices : les massacres, la déportation des Palestiniens, l’épuration ethnique qui se poursuit.

Israël a toujours justifié ses annexions de terres palestiniennes, ses tueries de civils, ses destructions de villes et villages arabes, ses assassinats « extra judiciaires », en prétextant qu’ils étaient « nécessaires à sa sécurité ». Or, si l’on visite le Moyen Orient, on a vite fait de s’apercevoir que c’est l’État d’Israël - l’unique pays de la région qui possède des armes de destruction massive - qui a créé un climat d’insécurité et de désolation, également pour ses voisins syriens, libanais, irakiens.

Depuis que l’Etat d’Israël a été fondé en 1948 - sur les terres palestiniennes, sur la Palestine - il s’est attaché à construire une image négative de l’Arabe et du musulman. Les prétendus « terroristes » qu’il s’agit « d’éradiquer » selon Israël, tout comme les prétendues armes de destruction massive en Irak, qu’il s’agissait de « démanteler » selon les Etats-Unis, ont pour but inavoué, inavouable, d’affaiblir l’adversaire pour mieux l’écraser. Sans la complaisance des médias qui maintiennent le monde dans l’ignorance, cela ne serait pas possible.

C’est ainsi qu’Israël a pu mettre en place - sans susciter de réaction majeure des pays réputés « démocratiques » - un des pires systèmes d’apartheid. Tout, il peut tout se permettre : forcer les Palestiniens à vivre dans des ghettos surpeuplés, construire un mur immonde d’apartheid au travers de paysages bibliques sacrés que les Palestiniens n’avaient jamais osé toucher.

Israël, qui dispose d’une des premières armées du monde, n’avait bien évidemment pas besoin de ce mur pour sa « sécurité ». Ce mur de séparation ethnique, conçu de longue date, attendait son heure dans les tiroirs. Dès l’annonce de sa construction par le « socialiste » Ehud Barak - en ce funeste mois d’avril 2002 qui est devenu synonyme d’offensives meurtrières et de tragédies - il a obtenu l’appui de toutes les forces politiques israéliennes, camp de la paix inclus.

Israël a réussi son pari : mettre le monde devant un fait accompli. Le mur est là. Effrayant, indestructible.

Ce mur de séparation ethnique - dont le tracé implique l’annexion de puits, la confiscation de terres, la déportation de villageois - affectera directement et durablement des millions de Palestiniens. Ces derniers, appuyés par le Mouvement de solidarité internationale ISM [1], ont multiplié conférences de presse et actions de résistance pacifique pour tenter d’attirer l’attention des journalistes internationaux basés en Israël et de l’Union européenne. Peine perdue. Ils se sont faits systématiquement brutaliser, jeter en prison, torturer, expulser par l’armée israélienne.

Il a fallu attendre une année et demie, le jour où Bush a admis que ce mur constituait « un problème », pour que les médias occidentaux consentent à révéler au monde un peu de sa dimension. Bush, sous la pression de M. Ariel Sharon, se rétractera quatre jours plus tard. Or ce mur, qui emprisonnera les Palestiniens dans des ghettos infâmes, crée un obstacle de plus sur la voie de la paix ; car l’espoir des stratèges du « grand Israël » qui l’ont conçu est d’arriver, avec le temps, à rendre impossible toute reconnaissance des droits des Palestiniens à retourner sur leurs terres.

Si le monde a finalement pu se représenter ce qu’est physiquement ce mur dit de « sécurité », ses implications réelles sur la vie des Palestiniens restent largement incomprises. A cause du langage utilisé. Les auteurs de cette nouvelle atteinte à la légalité internationale se sont arrangés à présenter la construction de ce mur honteux de façon qu’il apparaisse comme un « mal nécessaire ». Or ce mur, qui sépare les Palestiniens des Israéliens, officialise objectivement la ségrégation ethnique et rend encore plus précaire la vie des Palestiniens.

Voilà où l’asservissement des principaux moyens d’information aux pouvoirs économiques et politiques conduit le monde. À justifier les crimes d’Israël et les mesures d’enfermement illégales des Palestiniens qu’il met en place. A donner l’illusion d’informer sur ce qui se passe en Palestine, alors que la réalité est totalement travestie.

Si les correspondants occidentaux avaient révélé les nouvelles injustices que ce mur honteux allait imposer aux Palestiniens, Israël n’aurait peut-être pas pu l’ériger. Lorsqu’il en a annoncé le projet, il s’était attendu à de vives réactions ; le silence de l’Occident lui a donné carte blanche.

C’est ainsi que, fort de cette impunité, en mars 2003, M. Sharon a modifié le tracé de ce mur de façon à annexer plus de terres et de colonies que prévu initialement. Peu après, conforté par l’indifférence du monde, il a encore annoncé l’ajout d’un mur supplémentaire qui enfermerait la Cisjordanie en entier. Les colonies, toutes illégales, qui sont la racine de tous les maux - soit quelque 450’000 nouveaux colons illégaux - sont les premières bénéficiaires de ces conquêtes territoriales.

Il y a des êtres de grande probité qui payent de leur vie leur volonté de dire au monde les horreurs dont ils sont les témoins. Témoins que l’armée israélienne - très soucieuse de son image - chasse sauvagement, assassine, jette en prison.

Israël qualifie toute personne qui dénonce ses crimes, comme « une menace pour sa sécurité ». Je songe ici à ces photographes et cameramen palestiniens pour commencer, qui ont à cœur de nous informer honnêtement et de témoigner de la souffrance de leur peuple au risque de leur vie.

Leurs images, si difficilement arrachées, sont le plus souvent expurgées, voire dénaturées, par nos journalistes qui ne nous les montrent, du reste, qu’au compte gouttes, préférant se servir des films fournis par les services de propagande militaire israéliens.

Ces reporters, ont été les meilleurs alliés des internationaux de l’ISM, présents comme eux, depuis mars 2002, sur ces lieux où l’armée israélienne mène des offensives particulièrement meurtrières. Ces hommes et femmes qui, par leur seule présence, caméra au poing, défient l’armée israélienne, méritent toute notre estime.

Chacun de nous se souvient de Raffaele Ciriello, ce photographe italien qu’un soldat israélien a délibérément tué à Ramallah, au début de l’offensive militaire de mars 2002 [James Miller
James Miller, un jeune cameraman londonien, est la dernière victime de cette folie furieuse [
3]. Après sa mort, Israël a immédiatement nié la responsabilité de ses soldats. L’autopsie, et les témoins de l’ISM présents, ont prouvé que James Miller était de dos, quand un soldat de l’armée israélienne l’a délibérément touché en pleine tête, le 2 mai 2003. James Miller portait un gilet pare-balles sur lequel était écrit en grandes lettres « Press ». Il filmait précisément, cette nuit là, le massacre de civils palestiniens à Rafah par l’armée israélienne, venue en force dans cette partie de Gaza dont Israël convoite les terres. C’est comme cela qu’Israël se débarrasse de tous ceux qui persistent à vouloir filmer ses abus pour témoigner honnêtement.

La légèreté avec laquelle nos médias prennent pour argent comptant, les mensonges d’Etat israéliens, est impardonnable.

Le 8 août 2003.

Silvia Cattori

(*) Cent personnalités britanniques ont déclaré : Nous n’allons pas célébrer le 60ème anniversaire d’Israël.

Voir cette video :
- If Americans Knew Video seen by half a million people on youtube http://www.youtube.com/watch ?v=ynWjYHP91gA


 

[1] Voir le site de l’ISM : http://www.palsolidarity.org/

[2] Le photographe italien, Raffaele Ciriello a été tué, le 13 mars 2002, par des balles tirées sur lui délibérément depuis un char israélien à Ramallah. Depuis septembre 2000 une soixantaine de journalistes ont été blessés par balles par les soldats israéliens en Palestine. Plus de la moitié étaient palestiniens. Entre mars et avril 2002, l’armée israélienne a arrêté plusieurs douzaines de journalistes, en a blessé grièvement des dizaines d’autres. Tels Carlos Handal, de la chaîne égyptienne Nile TV, blessé grièvement de plusieurs balles alors qu’il se déplaçait à bord d’un véhicule identifié “Press”. Il s’agit pour l’armée israélienne d’intimider pour tenir toute personne à distance des lieux ou elle procède à des massacres de Palestiniens. Le 5 avril 2002, à Ramallah, les reporters étrangers d’un convoi de sept véhicules, ont essuyé des tirs et des jets de grenades assourdissantes. La voiture blindée de CNN a été touchée par un tir qui a brisé sa vitre arrière. Le 16 avril, le véhicule de journalistes de la télévision suédoise SVT a essuyé des tirs. Ceux qui pâtissent le plus de cette manière de censure par Israël sont les journalistes palestiniens. Souvent soumis à des brutalités, insultés, embarqués, privés de leur carte de presse et leur matériel confisqué.
Voir : http://www.corriere.it/Primo_Piano/Esteri/2002/03_Marzo/13/fotografo.shtml

[3] Voir : http://electronicintifada.net/bytopic/people/45.shtml


Mardi 06 Mai 2008
Silvia Cattori

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Posted by: reopen911 | mai 2, 2008

Amérique latine : la démocratie attaquée

“Les média étaient notre arme secrète”

par John Pilger, Mondialisation.ca, Le 30 avril 2008

Au-delà du bruit et de la fureur de sa conquête de l’Irak et de sa campagne contre l’Iran, la première puissance mondiale mène une guerre discrète sur un autre continent, l’Amérique latine. En ayant recours à des intermédiaires, Washington vise à restaurer et renforcer le contrôle politique d’un groupe de privilégiés qui prétendent appartenir aux classes moyennes, à détourner la responsabilité des massacres et trafics de drogue du régime psychotique colombien et ses maffieux, et d’écraser les espoirs de la majorité pauvre d’Amérique latine qui ont été soulevés par les gouvernements réformistes du Venezuela, de l’Equateur et de la Bolivie.

En Colombie, le principal champ de bataille, la véritable nature de la lutte, une lutte de classes, est brouillée par les FARC qui se livrent aux enlèvements et trafics de drogue, fournissant ainsi des arguments à ceux qui tentent de salir l’image de tous ceux qui ont marqué l’histoire épique de la rébellion en Amérique latine par leur opposition au proto-fascisme du régime de Bush. « On ne combat pas le terrorisme par le terrorisme, » a déclaré le Président Hugo Chavez lorsque les avions de guerre US écrasèrent sous leurs bombes des milliers de civils afghans, après les attentats du 11 septembre. C’est ainsi qu’il devint l’homme à abattre. Pourtant, comme tous les sondages le confirment, il ne faisait qu’exprimer l’opinion de la grande majorité des gens qui ont compris que la « guerre contre le terrorisme » était en réalité une croisade pour la domination. Pratiquement le seul chef d’Etat à oser défier Bush, Chavez fût déclaré un ennemi, et son projet d’une social-démocratie indépendante des Etats-Unis fût considéré comme une menace pour le contrôle du continent par Washington. « Pire encore, » écrivait le spécialiste de l’Amérique latine, James Petras, « la politique nationaliste de Chavez représentait une alternative en Amérique latine au moment (2002-2003) où les insurrections massives, les révoltes populaires, les chutes de régimes marionnettes des Etats-Unis (Argentine, Equateur, Bolivie) faisaient tous les jours la une des journaux. »

Il est impossible de sous-estimer la menace que cette alternative représente aux yeux des « classes-moyennes » de ces pays où foisonnent privilèges et misères. Au Venezuela, leur « grotesque fantasme à affirmer qu’ils sont gouvernés par un dictateur communiste brutal », pour citer Petras, rappelle la paranoïa de la population blanche qui soutenait le régime de l’Apartheid en Afrique du Sud. Comme en Afrique du Sud, le racisme est omniprésent au Venezuela où les pauvres sont ignorés, méprisés ou traités avec condescendance, et où un commentateur peut se permettre de qualifier Chavez, qui est métissé, de « singe ». Ce venin est dispensé par les super-riches qui vivent derrière les murs de quartiers appelés « Country Club », mais aussi par ceux des classes moyennes qui aspirent à les rejoindre, cadres, journalistes, publicitaires, artistes, éducateurs et autres professions qui s’identifient à tout ce qui vient des Etats-Unis. Les journalistes ont joué un rôle clé – rôle reconnu par un des dirigeants et financiers du coup d’état avorté contre Chavez en 2002. « Nous n’aurions pas pu le faire sans eux, » dit-il. « Les média étaient notre arme secrète ».

Bon nombre de ces gens se considèrent comme « progressistes » et ont leurs entrées auprès des journalistes étrangers qui aiment se dire « de gauche ». Ce n’est pas une surprise. Lorsque Chavez fût élu la première fois en 1998, le Venezuela n’était pas une dictature archétype de l’Amérique latine, mais une démocratie libérale avec certaines libertés, dirigée par et pour ses élites qui pillaient les revenus pétroliers en laissant quelques miettes aux millions d’invisibles des barrios. Un pacte entre les deux partis principaux, appelé « puntofijismo », ressemblait à la convergence entre le New Labour et les Conservateurs en Grande Bretagne, ou les Républicains et les Démocrates aux Etats-Unis. A leurs yeux, l’idée de souveraineté populaire représentait un anathème, et le représente encore.

Prenez le cas de l’éducation supérieure. A l’Université Centrale Vénézuélienne, un établissement « public » financé par l’argent des contribuables et réservé à l’élite, plus de 90 pour cent des étudiants sont issus des classes supérieures et « moyennes ». Ce milieu élitiste, avec d’autres, a été infiltré par des groupes liés à la CIA et, lorsqu’ils ont défendu leurs privilèges, ont été soutenus par des « progressistes » à l’étranger.

Dans la guerre contre la démocratie en Amérique latine, la ligne de front est la Colombie et la cible principale est Chavez. Il est facile de comprendre pourquoi. Une des premières mesures de Chavez a été de relancer l’organisation des producteurs de pétrole, l’OPEP, et forcer le prix du pétrole à des niveaux historiques. Dans le même temps, il a réduit le prix du pétrole pour les pays les plus pauvres de la région des Caraïbes et d’Amérique centrale. Il a utilisé la nouvelle richesse du Venezuela pour rembourser la dette, notamment celle de l’Argentine, et de facto a expulsé le Fonds Monétaire International d’un continent sur lequel, jadis, ce dernier régnait. Il a réduit de moitié la pauvreté tandis que le PNB grimpait. Et surtout, il a donné aux pauvres l’espoir de voir leurs vies s’améliorer.

L’ironie de l’histoire est que Chavez, contrairement à Fidel Castro à Cuba, ne représente aucune menace réelle pour les riches qui sont devenus encore plus riches sous son gouvernement. Mais il a démontré qu’une social-démocratie pouvait se développer et s’occuper réellement des plus démunis, et sans les affres du « néolibéralisme » - une notion très peu progressiste qui fût endossée à une époque par le Parti Travailliste britannique. Ces Vénézuéliens ordinaires qui se sont abstenus lors du référendum l’année dernière voulaient protester et dire qu’une social-démocratie « modérée » n’était pas suffisante lorsque la corruption des fonctionnaires se poursuit et que les égouts débordent.

De l’autre côté de la frontière avec la Colombie, les Etats-Unis ont transformé le voisin du Venezuela en Israel de l’Amérique latine. Dans le cadre du « Plan Colombie », plus de 6 milliards de dollars d’armes, d’avions, de forces spéciales, de mercenaires et de logistique ont été déversés sur un des groupes les plus sanguinaires de la planète. Héritiers du Chili de Pinochet et autres juntes militaires qui ont terrorisé l’Amérique latine pendant toute une génération, leurs divers Gestapos ont été formées à l’Ecole des Amériques en Géorgie. « Non seulement nous leur avons appris à torturer » m’a confié un ancien instructeur étatsunien, « mais aussi à tuer, assassiner, éliminer. » Et ceci est encore vrai en ce qui concerne la Colombie, où le terrorisme d’état généralisé a été largement documenté par Amnesty, Human Rights Watch et de nombreux autres groupes. Dans une étude de 31.656 cas d’assassinats et disparitions entre 1996 et 2006, la Commission Colombienne de Juristes a découvert que 46 pour cent des meurtres avaient été commis par les escadrons de la mort et 14 pour cent par les FARC. Les paramilitaires étaient responsables de plus de 3 millions de personnes déplacées dans le pays. Cette misère est le résultat de la soi-disant « guerre contre la drogue » du Plan Colombie, dont le véritable objectif est l’élimination des FARC. A cette fin, une nouvelle guerre d’usure a été déclenchée contre les nouvelles démocraties populaires, particulièrement le Venezuela.

Les forces spéciales US « conseillent » les militaires colombiens de traverser la frontière avec le Venezuela et d’assassiner et d’enlever ses citoyens et d’y infiltrer des paramilitaires afin de tester la loyauté des forces armées vénézuéliennes. Le modèle suivi est celui de la campagne de la Contra dirigée par le CIA au Honduras dans les années 80 pour renverser le gouvernement réformiste du Nicaragua. La défaite des FARC est à présent considérée comme un prérequis à une attaque en bonne et due forme contre le Venezuela au cas où l’élite vénézuélienne – revigorée par son étroite victoire au référendum de l’année dernière - réussit à élargir sa base lors des élections locales et nationales prévues au mois de novembre 2008.

L’homme des Etats-Unis et le Pinochet de la Colombie est Alvaro Uribe. En 1991, un rapport déclassifié des serves de renseignement de l’armée des Etats-Unis révélait que le sénateur (à l’époque) Uribe « travaillait pour le Cartel de Medellin » en tant « qu’ami proche » du baron du cartel de la drogue, Pablo Escobar. A ce jour, 62 de ses alliés politiques ont fait l’objet d’enquêtes pour complicité avec les paramilitaires. Une des principales caractéristiques de son règne est le sort réservé aux journalistes qui osent éclairer le côté sombre du personnage. L’année dernière, quatre journalistes ont reçu des menaces de mort après avoir critiqué Uribe. Depuis 2002, au moins 31 journalistes ont été assassinés en Colombie. Une autre habitude d’Uribe est d’accuser les syndicalistes et les militants des droits de l’homme de « collaborer avec les FARC ». C’est une manière de les « marquer ». Les escadrons de la mort colombiens, écrit Jenny Pearce, auteur du livre Under the Eagle : US Intervention in Central America and the Caribbean (1982) « sont de plus en plus actifs, confiants dans le fait que le président (Uribe) a si bien réussi à mobiliser le pays contre les FARC et que leurs atrocités pourront ainsi passer quasi inaperçues ».

Uribe était personnellement soutenu par Tony Blair, ce qui est assez typique de l’interventionnisme ancien mais discret de la Grande Bretagne en Amérique latine. Une « assistance contre insurrectionnelle » est fournie à l’armée colombienne, impliquée jusqu’au cou aux escadrons de la mort, ainsi qu’un entrainement dispensé par des (forces spéciales) SAS à des unités telles que les Bataillons de Haute Montagne, souvent condamnés pour leurs atrocités. Le 8 mars, des officiers Colombiens furent invités par le Foreign Office (ministère des affaires étrangères britannique – ndt) à un « séminaire sur la contre-insurrection » au centre de conférences de Wilton Park au sud de l’Angleterre. Il est rare que le Foreign Office parade aussi ouvertement avec les tueurs qu’il forme.

Les rôle des médias occidentaux suit d’anciens modèles, comme les campagnes qui ont ouvert la voie à l’éclatement de la Yougoslavie et le crédit accordé aux mensonges sur les armes de destruction massive en Irak. La préparation psychologique pour une attaque contre le Venezuela est en bonne voie, avec la répétition des mêmes types de mensonges et de calomnies.

La route de la Cocaine

Le 3 février, le journal « the Observer » consacra deux pages aux accusations de complicité entre Chavez et les trafiquants de drogue colombiens. Similaires aux célèbres articles du journal sur les soi-disant liens entre Saddam Hussein et Al Qaeda, le titre du journal disait « Révélation : le rôle de Chavez dans la route de la Cocaïne vers l’Europe ». Allégations gratuites, rumeurs non recoupées, aucune source identifiée. En réalité, le journaliste a même écrit, avec la volonté évidente de se couvrir, qu’ « aucune de mes sources n’a accusé Chavez d’avoir un rôle direct dans le gigantesque business du trafic de drogue en Colombie. »

En fait, le Bureau des Nations Unies sur le Crime et la Drogue a rapporté que le Venezuela participait pleinement dans les opérations antidrogues et qu’en 2005 avait saisi la troisième plus grosse quantité de cocaïne au monde. Même le Ministre des Affaires Etrangères a reconnu « l’énorme effort de coopération de la part du Venezuela ».

Les calomnies sur la drogue ont récemment été renforcées par des articles sur « les alliances de plus en plus ouverts entre Chavez et les FARC » (voir l’article “Dangerous liaisons”, New Statesman, 14 Avril). Là encore, « aucune preuve », dit le secrétaire général de l’Organisation des Etats Américains. A la demande d’Uribe, avec l’appui du gouvernement français, Chavez a joué le rôle de médiateur pour la libération d’otages retenus par les FARC. Le 1er mars, les négociations furent sabotées par Uribe qui, avec l’appui logistique des Etats-Unis, a fait tirer des missiles sur un camp en Equateur, tuant Raul Reyes, le premier négociateur des FARC. Selon les militaires colombiens, un « courrier électronique » découvert dans l’ordinateur portable de Reyes montre que les FARC ont reçu 300 millions de dollars de la part de Chavez. L’accusation est fausse. Le document en réalité mentionne Chavez dans une affaire d’échange d’otages. Et le 14 avril, Chavez a sévèrement critiqué les FARC. « Si j’étais un guérillero, » dit il, « je n’aurais pas besoin de retenir une femme, un homme qui ne sont pas soldats. Libérez les civils ! »

Tous ces mensonges ont cependant un objectif. Le 10 mars, l’administration Bush a annoncé qu’elle avait entamé la procédure pour placer le Venezuela sur la liste des « états terroristes », en compagnie de la Corée du Nord, de la Syrie, de Cuba, du Soudan et de l’Iran, ce dernier pays étant actuellement dans l’attente d’une attaque de la part du plus grand état terroriste au monde.

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Par Floyd Rudmin, pour Global Research, le 29 avril 2008



 
Dernièrement, le gouvernement des États-Unis a augmenté d’un cran le ton belligérant qu’il emploie contre l’Iran.

Une série de reportages dans une variété de journaux anglophones laissent entendre que la guerre est en route: le Mail & Guardian le 1er avril, le Rutland Herald le 4 avril, le Telegraph le 7 avril, l’International Herald Tribune le 11 avril, le Washington Post le 12 avril, le Washington Times le 16 avril, The Progressive le 24 avril, le Santa Monica Mirror le 24 avril, l’Asia Times le 25 avril, l’International Herald Tribune le 25 avril, le Toronto Star le 25 avril, le Christian Science Monitor le 25 avril, le Washington Post le 26 avril, le Washington Times le 26 avril, le First Post le 26 avril, le Los Angeles Times le 26 avril, le Washington Times le 26 avril et le Telegraph le 26 avril.

Deux flottes offensives de porte-avions sont maintenant près de l’Iran et une autre serait en route. À la fin mars, l’Arabie Saoudite s’est exercée à faire face aux retombées nucléaires qui surviendraient à la suite d’une attaque US contre l’Iran. Au début avril, Israël s’exerçait à affronter des tirs de représailles de missiles suite à une attaque US contre l’Iran. Tout le monde dans la région se prépare à un bombardement de la centrale nucléaire et les installations d’enrichissement d’uranium de l’Iran. Tout comme eux, l’Iran est prêt pour la guerre.

Les États-Unis aurait retenu quelque 10 000 cibles en Iran. Les principales sont l’ensemble des installations nucléaires, y compris la centrale nucléaire de Bushehr sur la côte du Golfe Persique, près du Koweït, et les installations d’enrichissement de Natanz près d’Ispahan. Bushehr est une ville industrielle comptant près de 1 million d’habitants. Pas moins de 70 000 ingénieurs étrangers travaillent dans cette région qui comprend un grand gisement d’hydrocarbures. Natanz est le principal site d’enrichissement d’uranium de l’Iran, au nord d’Ispahan, qui comptent aussi des installations de recherches nucléaires. Ispahan est une ville du patrimoine mondial avec une population de 2 millions d’habitants.

Le réacteur nucléaire iranien de Bushehr dispose de 82 tonnes d’uranium enrichi (U235) qui sont maintenant chargé dans le réacteur, selon des reportages de la presse israélienne et chinoise. Il est prévu que la centrale deviendra opérationnelle cet été, ce qui lui permettra de produire de l’électricité. Les installations d’enrichissement de Natanz opèrent à pleine capacité et elles enrichissent de l’uranium afin que cet uranium puisse être utilisé dans des réacteurs selon les rapports de l’Agence Internationale de l’Énergie Atomique.

Selon le Centre de contrôle des maladie [des USA], l’uranium 235 utilisé dans les réacteurs nucléaires a une demi-vie de 700 millions d’années. Lorsqu’il est utilisé à titre de combustible pour des réacteurs, il se transforme en uranium 238 qui lui, a une demi-vie de 4,5 milliards d’années. Ces isotopes radioactifs sont dangereux pour la santé parce qu’ils émettent des particules alpha et aussi parce qu’ils sont chimiquement toxiques. Lorsque inhalé, il crée des dommages aux tissus pulmonaires. Lorsque ingéré, il crée des dommages aux reins et causer le cancer des os et des tissus du foie. Selon une récente étude de recherche médicale, l’exposition à l’uranium engendre des déformations aux nouveaux-nés ou engendre des mort-nés.

Jamais dans toute l’histoire ne s’est produit le bombardement délibéré de centrales nucléaires et d’installations d’enrichissement nucléaire. De telles installations, partout dans le monde, sont exploitées sous de sévères règles de sécurité parce que le rejet de matières radioactives est mortel au moment même où l’événement se produit et longtemps après y avoir été exposé. Si le États-Unis ou Israël devait bombarder délibérément une centrale nucléaire pleine de combustible nucléaire ou encore des installations d’enrichissement de combustible nucléaire, cette règle serait violée; des éléments radioactifs seraient alors rejetés dans l’environnement. Il y aurait d’horribles décès dans la population environnante. L’Union of Concerned Scientists [L'Union des scientifiques préoccupés aux USA] estime que 3 millions de décès surviendraient dans les 3 semaines suivant les bombardements des installations nucléaires d’enrichissement près d’Ispahan et la contamination recouvrirait l’Afghanistan, le Pakistan, jusqu’en Inde.

Les réacteurs de même que les installations d’enrichissement sont construits en béton extra fort, souvent avec de multiples couches de rétention en dômes et ils sont souvent construits sous terre. Le bombardement de telles installations exigent de puissants explosifs, tels que des ogives pénétrantes sous terre voire même des ogives nucléaires. De telles explosions souffleraient la contamination très haut dans l’atmosphère. Mais où irait cette contamination? C’est une question difficile à répondre et difficile à prévoir.

Au cours de la guerre du Golfe de janvier 1991, de nombreux puits de pétrole au Koweït ont été incendiés. Selon le Département d’État américain, « des pluies noires ont été signalées en Turquie et de la neige noire est tombée au pied des montagnes de l’Himalaya. » Le nuage radioactif causé par le bombardement des installations nucléaires de l’Iran prendrait possiblement ces mêmes directions si les conditions météorologiques étaient les mêmes. Mais le nuage radioactif pourrait aller vers le nord c’est-à-dire, en Europe. Au cours de l’invasion de l’Irak par les États-Unis qui étaient accompagnés par le Royaume-Uni, l’Australie et d’autres pays en mars 2003, des munitions et des bombes à l’uranium appauvri ( U238 ) ont été utilisées. Il a fallu 9 jours pour que des particules d’uranium provenant de ces armes en Irak atteignent l’Angleterre où des échantillons de filtres à air ont démontré une hausse de 300 % de particules d’uranium attribuable à la guerre. Les conditions météorologiques qui ont permis que ces particules soient transportées jusqu’en Angleterre ont passé sur le centre de la Turquie, l’Ukraine, l’Autriche, la Pologne, l’Allemagne, la Suède et le Danemark, pour finalement arriver en Angleterre d’où elles ont poursuivi leur route sur la Norvège, la Finlande et jusqu’en Arctique. Ce fait a été signalé par The Times [un journal en Angleterre], qui dans un article résumait une étude européenne de biologie et de bioélectromagnétique.

Les retombées nucléaires des bombardements sur l’Iran auraient une demi-vie de 700 millions d’années. C’est une durée difficile à comprendre. Jésus-Christ prêchait il y a environ 2 000 ans. Dans l’évolution de l’homme, nos ancêtres, les premiers hommes singes auraient marché debout il y a à peine 5 millions d’années. L’administration Bush et ses conseillers israéliens sont maintenant en train de planifier la contamination de la planète pour 700 millions d’années. Selon la rhétorique des candidats à la présidence John McCain et Hillary Clinton, eux aussi, pensent que c’est une bonne idée. Pour leur part, les médias US semblent applaudir.

Soit les états-uniens ne comprennent pas ce qu’ils s’apprêtent à faire ou soit ils se pensent eux-mêmes à l’abri des conséquences. La planète n’est pas si grande. Ce qui se passe quelque part sur le globe fini par se répercuter partout sur le globe. La fumée des puits de pétrole incendiés pendant la guerre du Golfe s’est propagée tout autour de la planète et elle a été détectée en Amérique du Sud. Les retombées radioactives du bombardement d’un réacteur nucléaire se propageront en de lieux aussi éloignés, surtout si l’on considère que le voyage s’effectuera sur des millions d’années.

Les pays du Golfe Persique soit principalement l’Arabie Saoudite, le Koweït, l’Iraq et l’Iran possèdent plus de la moitié des réserves de pétrole connues. En 1981, une étude de « Fetter and Tsipis » parue dans le magazine « Scientific American » portant sur « La propagation catastrophique de la radioactivité » estimait que le bombardement d’un réacteur nucléaire rendrait inhabitable une superficie équivalente à 8 600 milles carrés [NDT : 1 mille = 1,609 km] autour du réacteur, tout dépendant de la façon dont le vent soufflerait. Bombarder le réacteur de Bushehr signifierait que la moitié des réserves de pétrole deviendraient instantanément inaccessibles. Bombarder l’Iran signifierait que les états-uniens ne prendraient plus leurs voitures pour se rendre où que ce soit, plus jamais et ce, pour une très longue période. Le mode de vie à l’américaine serait terminé. Un effondrement économique inimaginable pour les états-uniens suivrait. La culture vivrière mécanisée et le transport de la nourriture seraient choses du passé. Les émeutes de la faim deviendraient chose certaine si jamais la jauge à carburant indiquait que le réservoir est vide, même aux États-Unis, une terre d’abondance.

Les nations du monde ne peuvent pas compter sur les États-Unis et sur leurs conseillers israéliens pour que ces derniers pensent et agissent de façon rationnelle au sujet des bombardements des réacteurs. Il est insensé de dire que « toutes les options sont sur la table » et c’est même un crime contre l’humanité. Les États-Unis et Israël sont en train de préparer le public à accepter cette folie en annonçant qu’ils ont bombardé avec succès un réacteur nucléaire syrien, sans effets nocifs. Israël a aussi récemment publié sa vidéo du bombardement du réacteur nucléaire d’Osiraq survenu en 1981 en Iraq. Voyez comme c’est facile. Il n’y a aucune conséquence fâcheuse. Mais les deux sites étaient en construction et les réacteurs n’étaient pas remplis à ras bord de tonnes d’uranium enrichi.

Les peuples et les gouvernements du Golfe Persique, du Moyen-Orient, de l’Europe et aussi de ces pays vers où soufflera le vent c’est-à-dire l’Inde et la Chine doivent maintenant prendre des mesures pour que cesse cette folie. Une fois que la radiation sera libérée, les résolutions de l’ONU ne ramèneront pas ces radiations dans un milieu confiné.

Les états-uniens ayant de la famille et des amis qui servent dans les forces armées dans la région du Golfe Persique, que ce soit en Iraq et en Afghanistan devraient se demander jusqu’à quel point l’administration Bush considère que ses troupes peuvent être sacrifiées.

La planète implore, « Ne bombardez pas les réacteurs nucléaires. »

Traduction de Dany Quirion pour Alter Info

Source : http://www.globalresearch.ca/index.php?context=va&aid=8839

Notes du traducteur :

1- Sur l’image : Il s’agit d’un modèle analysant les retombées presque immédiates de l’utilisation de bombes nucléaires qui pénètrent sous terre contre les installations nucléaires d’Ispahan en Iran. Elles se répandent à des milliers de milles (ou kilomètres) à travers l’Afghanistan, le Pakistan et l’Inde. Elles tueraient 3 millions de personnes dans les 2 semaines après l’explosion et 35 millions de personnes seraient directement exposées à des radiations qui provoquent le cancer.
Image et texte tiré du site « Union of concerned scientists. »

2- L’honorable traducteur de cet article (c’est-à-dire moi-même) sera en congé pour au moins une semaine… À bientôt.


Mercredi 30 Avril 2008
danyquirion@videotron.ca

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«Ils sèment la désolation et appellent ça la paix.» (Tacite)

Alan Greenspan était-il vraiment aussi idiot qu’il en avait l’air lorsqu’il provoqua la récente bulle immobilière qui menace de provoquer l’effondrement de toute l’économie occidentale fondée sur l’endettement? Une chose aussi facile à prévoir que celle-là fut-elle l’élément déclencheur d’un effondrement qui pourrait détruire le système financier mondial? Et si c’est le cas, pourquoi?

par Richard C. Cook*



Tournons-nous vers ce personnage américain dont les théoriciens disent souvent qu’il se trouve à l’épicentre de tous les projets de l’élite. Il s’agit de David Rockefeller, le multimilliardaire de 92 ans, le parrain de l’élite financière mondiale.
Le très long article de l’encyclopédie Wikipedia qui lui est consacré reproduit le texte d’une célèbre déclaration qu’il aurait faite lors du discours d’ouverture de la Conférence de Bilderberg à Baden-Baden en juin 1991:
«Nous sommes reconnaissants au Washington Post, au New York Times, au Time Magazine et à d’autres importants organes de presse dont les directeurs ont assisté à nos réunions et tenu leurs promesses de discrétion pendant près de quarante ans. Nous n’aurions pas pu développer notre plan pour le monde si nous avions été exposés aux regards de l’opinion publique pendant toutes ces années. Mais le monde est maintenant plus complexe et mieux préparé à s’acheminer vers un gouvernement mondial qui ne connaîtra plus jamais la guerre, mais seulement la paix et la prospérité pour l’humanité tout entière. La souveraineté supranationale d’une élite d’intellectuels et de banquiers mondiaux est certainement préférable à l’autodétermination pratiquée au cours des siècles passés.»
Ces paroles ont été prononcées il y a 17 ans. C’était le début du gouvernement Clinton. Rockefeller dit «nous». Les personnes désignées par ce «nous» ont tenu des réunions pendant près de 40 ans. Si l’on y ajoute les 17 ans qui nous séparent de la date du discours, cela fait 57 ans, c’est-à-dire deux générations.
Non seulement les personnes en question ont développé un «plan pour le monde» mais de toute évidence, cet essai a eu du succès. Leur objectif ultime est de créer la «souveraineté supranationale d’une élite d’intellectuels et de banquiers mondiaux». Selon Rockefeller, cela conduira à un «gouvernement mondial qui ne connaîtra plus jamais la guerre».
Supposons, à titre de pur exercice intellectuel, que David Rockefeller soit une personne aussi importante et puissante qu’il semble le penser. Accordons-lui quelque crédit et supposons que lui et les personnes désignées par «nous» ont réussi dans une certaine mesure. Cela signifierait que les principales décisions et les principaux événements depuis que Rocke­feller a prononcé son discours, en 1991, ont fait partie du plan ou qu’ils ont du moins représenté ses caractéristiques et révélé ses intentions.
Par conséquent, en examinant ces décisions et événements, nous pouvons établir si Rocke­feller a dit vrai en affirmant que l’utopie qu’il avait à l’esprit est en train de se réaliser ou du moins plus près de se réaliser. Voici, dans le désordre, quelques-unes de ces décisions et quelques-uns de ces événements.
L’application de l’Accord de libre-échange d’Amérique du Nord par les gouvernements Bill Clinton et George W. Bush a entraîné la disparition de millions d’emplois industriels et la destruction des exploitations agricoles familiales en faveur de l’agrobusiness global.
D’autres accords de libre-échange simi­laires, dont ceux conclus sous les auspices de l’Organisation mondiale du commerce, ont entraîné la délocalisation de millions d’autres emplois industriels vers la Chine et ailleurs.
Le revenu moyen par famille aux Etats-Unis n’a cessé de diminuer alors que la part de la richesse du pays détenue par les plus ­hautes tranches de revenus est montée en ­flèche. Certains gestionnaires de fonds spéculatifs de Wall Street gagnent 1 milliard de dollars par année alors que le nombre des sans-abri, dont des anciens combattants, frise le million.
La bulle immobilière a conduit à une énorme inflation des prix de l’immobilier aux USA. Des millions de maisons tombent entre les mains de banquiers à la suite de saisies. Le prix des terres et des fermages a en outre décimé l’agriculture familiale et le petit commerce. L’augmentation des impôts fonciers basés sur la surestimation des terrains a contraint des millions de personnes à revenu ­faible ou moyen et de personnes âgées à abandonner leur maison.
Le fait que des banquiers contrôlent maintenant la totalité du système monétaire national sous des lois qui veulent que l’on ne crée de l’argent qu’en prêtant à intérêt a entraîné une pyramide de dettes considérable qui menace de s’effondrer. Ce système «monétariste» a été lancé par des économistes de l’Université de Chicago payés par la famille Rockefeller. Le hic, c’est que quand la pyramide s’effondre et que tout le monde fait faillite, les banques, qui ont créé de l’argent «comme par magie», peuvent alors saisir des biens précieux pour une bouchée de pain, comme J-P. Morgan Chase s’apprête à le faire avec les commerces de Carlyle Capital. Le gouvernement a abandonné la régulation judicieuse de l’industrie financière et tout politicien qui essaie de s’y opposer, comme Eliot Spitzer, est brisé.
La charge fiscale totale des Américains (impôts fédéraux, impôts des Etats et impôts locaux) dépasse maintenant 40% du revenu et est en train d’augmenter. Aujourd’hui, au début d’une récession, le Congrès, contrôlé par les Démocrates, tout en soutenant le très faible rabais «stimulus», continue d’augmenter hypocritement les impôts, même ceux des revenus moyens. Les arriérés d’impôts, de même que les emprunts des étudiants, ne peuvent plus bénéficier de la protection de la loi sur les faillites.
Le prix de l’essence augmente alors que des compagnies comme Exxon-Mobil enregistrent des profits records. Les prix d’autres produits de base, dont ceux de l’alimentation, ne cessent d’augmenter et certains pays sont au bord de la famine. Aux Etats-Unis, 40 millions de personnes sont officiellement considérées comme «food insecure» (en situation de précarité alimentaire).
Les sociétés qui contrôlent l’eau et les ressources minières se sont emparées d’une grande partie de ce qui appartenait à la collectivité et la dérégulation de la production énergétique a entraîné d’importantes hausses du prix de l’électricité dans de nombreuses régions.
La destruction des exploitations agricoles familiales par l’Aléna (Accord de libre-échange américain entre les Etats-Unis, le Canada et le Mexique) s’est reflétée dans les politiques du FMI et de la Banque mondiale à l’égard d’autres pays. Dans le monde entier, en raison de la pression exercée par le «consensus de Washington», l’autosuffisance alimentaire locale a été remplacée par des cultures destinées avant tout à l’exportation. L’exode rural a considérablement augmenté la population des bidonvilles dans les pays sous-développés.
Depuis les années 1980, les Etats-Unis ont mené des guerres dans le monde soit directement soit par procuration. L’ex-Yougoslavie a été démembrée par l’OTAN. Sous prétexte du 11-Septembre et en se servant de projets déjà élaborés, les USA sont engagés maintenant dans la conquête et l’occupation militaire permanente du Moyen-Orient. L’encerclement mondial de la Russie et de la Chine par les forces armées des USA et de l’OTAN est en cours et de nouveaux efforts pour militariser l’espace ont commencé. Les puissances occidentales sont nettement en train de se préparer à l’éventualité d’une nouvelle guerre mondiale.
L’expansion de l’empire militaire américain à l’étranger se manifeste par la création d’un système totalitaire de surveillance à l’intérieur du pays: On espionne les activités des particuliers grâce à la technologie et à des systèmes mis en place au nom de la «guerre contre le terrorisme». On commence à utiliser des implants électroniques permettant de suivre à la trace les intentions des individus. Le complexe militaro-industriel est devenu l’industrie la plus important et la plus prospère du pays. Elle emploie des milliers de planificateurs qui planchent sur de nouveaux et meilleurs moyens, officiels ou secrets, d’anéantir les «ennemis» aussi bien indigènes qu’étrangers.
Cela dit, les Etats-Unis possèdent la plus importante population carcérale du monde. En outre, la vie quotidienne de millions de personnes constitue un fardeau écrasant: administrations, assurances, factures, paperasseries. Les plus simples transactions commerciales sont alourdies de frais occasionnés par des légions de comptables, d’avocats, de bureaucrates, de courtiers, de spéculateurs et d’intermédiaires.
Enfin, la dégradation de la vie quotidienne a provoqué une augmentation considérable des maladies liées au stress, telles les dépendances à l’alcool et aux drogues. Même les gouvernements de certains pays sont impliqués dans le trafic de drogue. Au lieu de faire en sorte que le travail soit moins stressant, la politique avantage la colossale industrie pharmaceutique qui s’enrichit grâce à la dégradation de la santé publique due au fait que l’on traite les symptômes plutôt que les causes. Un grand nombre de médicaments vendus à grand renfort de publicité ont des effets indésirables dévastateurs.
Cette liste devrait suffire à nous faire nous poser une difficile question. En supposant une nouvelle fois qu’il s’agit là d’éléments du plan élitiste que M. Rockefeller se vante d’avoir mis au point, n’est-il pas un peu étrange que les moyens choisis pour obtenir «la paix et la prospérité pour l’humanité tout entière» impliquent tant de violence, de mensonges, d’oppression, d’exploitation, de corruption et d’escroquerie?
Il me semble que «notre projet pour le monde» est fondé sur le génocide, la guerre mondiale, le contrôle policier des populations, l’accaparement des ressources mon­diales par l’élite financière avec ses marionnettes politiques et ses forces armées.
Existe-t-il un meilleur moyen d’obtenir tout cela que ce qui semble être un projet destiné à priver les peuples du monde entier de leur aptitude à produire eux-mêmes leur nourriture? Finalement, le génocide par la famine peut être lent, mais il est efficace, en particulier quand on peut l’attribuer aux ­«forces du marché».
Et se pourrait-il que le «nous» qui est à l’origine de tout cela, dont fait partie le grand David Rockefeller, soit tout simplement constitué de criminels qui ont pratiquement pris le pouvoir? S’il en est ainsi, ce sont des criminels qui ont fait tout leur possible pour protéger leurs arrières et effacer leurs traces, notamment en contrôlant le système scolaire et les principaux médias monopolistes dominants.
En tout cas, une chose est certaine: les électeurs américains n’ont jamais rien approuvé de tout cela sciemment. •

Source: Global Research du 27/3/08
(Traduction Horizons et débats)

* Richard C. Cook est un ancien analyste du gouvernement américain. Il a notamment fait partie de la Civil Service Commission, de la Food and Drug Administration. Il a été conseiller du président ­Carter, de la NASA et du Ministère des finances. Ses articles sur l’économie, la politique et la politique spatiale ont paru sur de nombreux sites Web. Il prépare un ouvrage sur la réforme monétaire intitulé We Hold These Truths: The Promise of Monetary Reform. Il est également l’auteur de Challenger Revealed: An Insider’s Account of How the Reagan Administration Caused the Greatest Tragedy of the Space Age dont un critique a écrit que c’était le livre le plus important des vingt dernières années sur la navigation spatiale.
Son site:
www.richardccook.com

 

Mercredi 23 Avril 2008

 

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Posted by: reopen911 | avril 23, 2008

Remplissez le garde-manger !

Par Brett Arends, The Wall Street Journal (1), lun