Posted by: reopen911 | mars 3, 2008

Les Saoudiens exhortés de quitter le Liban



Les Saoudiens exhortés de quitter le Liban

 

Aljazeera, le 1er mars 2008

​​​​L’ambassade d’Arabie saoudite à Beyrouth, a demandé à ses ressortissants de quitter le Liban un jour après qu’un navire de guerre étasunien ait été positionné au large des côtes du pays.

​​​​Le correspondant de la chaîne Al-Jazira a dit que, l’ambassade a envoyé samedi des textos aux Saoudiens vivant au Liban, pour leur demander de quitter le pays dès que possible.

​​​​Le mois dernier, l’Arabie Saoudite a émis un avis demandant instamment à ses citoyens de ne pas se rendre au Liban à cause de la détérioration des conditions politiques et sécuritaires.

​​​​Le Koweït et Bahreïn ont fait de même avec des appels similaires.

​​​​Les Musulmans sunnite d’Arabie Saoudite sont de grand partisan d’un gouvernement dirigé par les Sunnites au Liban, ce qui a enfermé les 15 derniers mois dans une impasse politique avec l’opposition dirigée par l’Iran et le Hezbollah soutenu par la Syrie.

La peur d’un « Conflit »

​​​​Fouad Siniora, le Premier Ministre libanais, a démenti avoir demandé aux États-Unis de déployer le navire de guerre USS Cole et deux navires de soutien au moment où se poursuit l’impasse politique dans le pays.

​​​​Siniora aurait convoqué l’ambassadeur des États-Unis vendredi pour une explication.

​​​​Siniora a dit : « Aucun de nos partis n’a demandé de navires de guerre. »

​​​​Il a aussi souligné l’importance de l’indépendance et de la souveraineté du Liban « afin qu’il ne devienne pas l’arène des conflits régionaux et des puissances internationales. »

​​​​Siniora a dit il n’y a pas de navires de guerre dans les eaux territoriales libanaises, excepté la petite marine du Liban, composée de vedettes, et des 12 navires de guerre appartenant à la force de maintien de la paix des Nations Unies.

La position des États-Unis

​​​​Selon Gordon Johndroe, un porte-parole de la Maison Blanche, Washington a eu des « délibérations régulières » avec Siniora et d’autres alliés des États-Unis dans la région.

​​​​« Il y a en permanence des communications à divers niveaux, » a-t-il dit.

​​​​Les États-Unis ont refusé de dire si la décision de déployer l’USS Cole était une démonstration de force visant la Syrie, qu’ils accusent d’ingérence au Liban.

​​​​La coalition gouvernementale du Liban et l’opposition, menée par le Hezbollah, n’ont pas réussi à parvenir à un accord sur l’élection d’un nouveau président. Un haut fonctionnaire étasunien a déclaré que Washington était « très préoccupé » par la situation au Liban et a appelé la démarche « un soutien pour la stabilité régionale. »

​​​​Le fonctionnaire a dit que, « Les États-Unis estiment qu’une démonstration de soutien est importante pour la stabilité régionale. »

Le lien avec Gaza

​​​​Nabih Berri, le Président du parlement du Liban, qui est aligné sur l’opposition, a établi un lien entre le déploiement des navires de guerre et les raids d’Israël dans la Bande de Gaza.

​​​​« Le but [des navires de guerre étasuniens] est Gaza. Il sont destinés à permettre ce qui doit arriver dans la Bande de Gaza, pour que cela se produise sans que personne ne puisse se déplacer pour soutenir [les Palestiniens], » a-t-il dit.

​​​​« C’est une véritable menace, et pas seulement une démonstration de force. »

​​​​Berri a ajouté que la démarche de l’armée étasunienne était conçue pour focaliser l’attention sur le Liban, « afin de dissimuler les massacres commis dans la Bande de Gaza. »

​​​​« Cette flotte vient soutenir Israël afin que ce pays puisse accomplir ses projets, » a-t-il dit.

« La diplomatie de la canonnière »

​​​​Plus tôt, Richard Murphy, l’ancien ambassadeur étasunien en Syrie, a déclaré à Al Jazeera que la démarche était le signe que les États-Unis ne savaient quoi faire à propos du Liban.

​​​​« C’est la diplomatie de la canonnière. Je pense qu’il serait plus utile pour les États-Unis de trouver une façon de dialoguer avec les partis en conflit au Liban. »

​​​​« Nous ne dialoguons pas avec la Syrie, et c’est le moment de dialoguer. »

​​​​Dix-sept marins étasuniens avaient été tués en octobre 2000, lors de l’attaque de l’USS Cole par des combattants d’Al-Qaïda au large des côtes du Yémen.

Original : http://english.aljazeera.net/NR/exeres/24F4810C-61CB-4284-AB2B-CCA786434016.htm
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info

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