Posted by: reopen911 | mars 25, 2008

Pourquoi l’Unesco ne peut pas s’associer à Reporters sans frontières

par Salim Lamrani pour le réseau Voltaire

Le 24 mars 2008

Reporters sans frontières, qui avait tenté d’utiliser le patronage de l’UNESCO pour crédibiliser une nouvelle opération de propagande pro-US, a été désavoué par l’Organisation. En effet, les organisations internationales se doivent d’être impartiales. À ce titre, elles ne peuvent ni cautionner les accusations mensongères de RSF, ni valider sa démarche « de deux poids deux mesures » : approuver les censures, tortures et invasions lorsqu’ils sont le fait des États-Unis ; et condamner vigoureusement la moindre faute lorsqu’elle est commise par un État du tiers-monde. Surtout les organisations internationales ne peuvent accepter que des reproches soient faits à des États non pour les pousser à s’améliorer, mais pour les rendre plus vulnérables aux ambitions états-uniennes.

Unesco
Siège de l’UNESCO à Paris

Le 11 mars 2008, l’Unesco, l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture, a décidé de retirer son patronage à la Journée pour la liberté sur Internet organisée par Reporters sans frontières (RSF), prévue le 12 mars. Marcio Barbosa, directeur général adjoint de la Division de la liberté d’expression, de la démocratie et de la paix de l’institution onusienne, a refusé d’associer l’Unesco aux campagnes politisées de RSF [4]

Plusieurs sources diplomatiques de l’Unesco ont déclaré que l’organisation avait pris sa décision en raison du « manque d’éthique réitéré » de RSF, dans sa volonté but de jeter le discrédit sur un certain nombre de pays [22] ».

• Le Venezuela du président Hugo Chávez, honni par l’administration Bush, a également été l’une des cibles privilégiées de RSF. Lors du coup d’État d’avril 2002 [32] ».

En septembre 1991, Allen Weinstein, qui avait contribué à faire adopter la législation donnant naissance à la NED, déclarait au Washington Post : « Beaucoup de ce que nous faisons aujourd’hui a été fait par la CIA il y a 25 ans de manière clandestine [34] ».

RSF est en réalité financée par une officine écran de la CIA, selon Weinstein, le New York Times et Gershman, ce qui explique ses prises de position contre l’Irak, Haïti, Cuba, le Venezuela et d’autres nations dans la ligne de mire de Washington. Le travail de RSF est tellement apprécié par la Maison-Blanche que le premier rapport de la Commission d’assistance à une Cuba libre – dont le but est de renvoyer Cuba a son statut néocolonial – rendu public par Colin Powell en mai 2004, qui accroît drastiquement les sanctions contre Cuba, cite une seule organisation non gouvernementale en guise d’exemple à suivre : celle dirigée par Robert Ménard [Salim Lamrani
Enseignant, écrivain et journaliste français, spécialiste des relations entre Cuba et les États-Unis.
Auteur de Cuba face à l’empire : Propagande, guerre économique et terrorisme d’État,
Dernier ouvrage publié en français : Double Morale. Cuba, l’Union européenne et les droits de l’homme.


[1] Reporters sans frontières, « L’Unesco retire son patronage à la Journée pour la liberté sur Internet organisée par Reporters sans frontières », 12 mars 2008. (site consulté le 12 mars 2008).

[2] Reporters sans frontières, « Reporters sans frontières lance sur www.rsf.org la deuxième Journée pour la liberté sur Internet », 12 mars 2008. (site consulté le 12 mars 2008). Pour les citations de Robert Ménard voir Marianne, « Reporters sans frontières, les aveux de Robert Ménard », 5 au 11 mars 2001, p. 9.

[3] Reporters sans frontières, « L’Unesco retire son patronage à la Journée pour la liberté sur Internet organisée par Reporters sans frontières », op. cit.

[4] Communiqué officiel cité dans : « RSF pris en flagrant délit de manipulation par l’UNESCO », Réseau Voltaire, 14 mars 2008.

[5] Prensa Latina, « Retira UNESCO coauspicio a Reporteros sin Fronteras », 12 mars 2008.

[6] Reporters sans frontières, « Reporters sans frontières lance sur www.rsf.org la deuxième Journée pour la liberté sur Internet », op. cit.

[7] Adam Liptak, « A Wave of the Watch List, and Speech Disappears », The New York Times, 4 mars 2008.

[8] Ibid.

[9] Ibid.

[10] Ibid.

[11] Reporters sans frontières, « Irak – rapport annuel 2004 ». (site consulté le 18 juillet 2005).

[12] « Le silence de Reporters Sans Frontières sur le journaliste torturé à Guantanamo », par Salim Lamrani, Réseau Voltaire, 30 janvier 2006.

[13] Reporters sans frontières, « Lettre ouverte à ses détracteurs », Réseau Voltaire, 12 septembre 2006.

[14] Reporters sans frontières, « Rapport annuel 2004 », 2004. (site consulté le 29 septembre 2007) ; Reporters sans frontières, « Rapport annuel 2005 », 2005. (site consulté le 29 septembre 2007).

[15] Reporters sans frontières, « Lettre ouverte à ses détracteurs », op.cit.

[16] Reporters sans frontières, « Arrestations et assassinats de journalistes : le cauchemar irakien continue », 19 septembre 2006. (site consulté le 21 septembre 2007).

[17] Salim Lamrani, « Reporters sans frontières et ses contradictions », Réseau Voltaire, 27 septembre 2006. (site consulté le 21 septembre 2007).

[18] Reporters sans frontières, « Deux meurtres pour un mensonge », 15 janvier 2004. (site consulté le 10 janvier 2008).

[19] Famille Couso, « La familia de José Couso pide a Reporteros Sin Fronteras que se retire de la querella », 17 janvier 2004. (site consulté le 18 juillet 2005).

[20] Reporters sans frontières, « Le juge Santiago Pedraz confirme l’inculpation de trois soldats américains pour la mort de José Couso », 25 mai 2007. (site consulté le 19 février 2008).

[21] « Coup d’État en Haïti », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 1er mars 2004.

[22] Reporters sans frontières, « La liberté de la presse retrouvée : un espoir à entretenir », juillet 2004. (site consulté le 23 avril 2005).

[23] « Opération manquée au Venezuela », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 18 mai 2002.

[24] Reporters sans frontières, « Un journaliste a été tué, trois autres ont été blessés et cinq chaînes de télévision brièvement suspendues », 12 avril 2002. (site consulté le 13 novembre 2006).

[25] Center for a Free Cuba, « About us », 2005. (site consulté le 18 juillet 2005).

[26] Reporters sans frontières, « Lettre ouverte à ses détracteurs », op.cit.

[27] En réalité, RSF entretient une confusion en utilisant deux structures juridiques parallèles.

[28] Salim Lamrani, « La Fondation nationale cubano-américaine est une organisation terroriste », Mondialisation, 27 juillet 2006.

[29] Wilfredo Cancio Isla, « Revelan un plan para atentar contra Castro », El Nuevo Herald, 22 juin 2006.

[30] « La NED, nébuleuse de l’ingérence “démocratique” », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 22 janvier 2004.

[31] Robert Ménard, « Forum de discussion avec Robert Ménard », Le Nouvel Observateur, 18 avril 2005. (site consulté le 22 avril 2005).

[32] John M. Broder, « Political Meddling by Outsiders : Not New for U.S. », The New York Times, 31 mars 1997, p. 1.

[33] Allen Weinstein, Washington Post, 22 septembre 1991.

[34] David K. Shipler, « Missionaries for Democracy : U.S. Aid For Global Pluralism », The New York Times, 1er juin 1986, p. 1.

[35] « Le plan Powell pour l’après-Castro », par Arthur Lepic, Réseau Voltaire, 16 juin 2004. Le document cité est téléchargeable à la fin de l’article d’analyse.

[36] Michel Muller, « Quand Washington légalise la torture », L’Humanité, 16 octobre 2006.

[37] Deb Riechmann, « Fustigan a Bush por vetar ley contra ‘submarino’ », El Nuevo Herald / Associated Press, 9 mars 2008.

[38] « Quand Reporters sans frontières légitime la torture », par Salim Lamrani, Réseau Voltaire, 4 septembre 2007.

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