Publié par : reopen911 | février 25, 2008

L’empire étasunien implosera-t-il avant d’achever le monde ?



Par Paul Craig Roberts , le 24 février 2008

​​​​L’hypocrisie des acteurs du gouvernement étasunien est illimitée. Le 18 février, ce gouvernement déchaînait les Serbes en reconnaissant le Kosovo, une province historique de Serbie, en tant que pays indépendant des séparatistes musulmans. Deux cent mille Serbes ont marché en protestation et l’ambassade étasunienne de Belgrade a été abîmée. Est-ce surprenant ? Non, à moins que vous ne soyez fonctionnaire de l’empire. Azlmay Khalilzad, défenseur de triste notoriété de l’empire néo-conservateur, représentant de Bush à l’ONU, a déclaré: « Je suis indigné par l’attaque de la populace. »

​​​​Qu’est-ce qu’une bâtisse d’ambassade comparée à une province de Serbie, une province qui éveille les sentiments nationalistes associés aux longues luttes militaires des Serbes contre les Turcs ? Sans les Serbes, les Européens seraient probablement Turcs.

​​​​Ce n’est que le cadeau d’un domaine immobilier fait par les États-Unis, un remerciement accordé à un mouvement sécessionniste dirigé par ce que certains considèrent comme une bande de contrebandiers de drogues musulmans.

​​​​La Ministre des Affaires Étranges, Condi Rice a aussi trouvé que la réaction des Serbe envers les Etats-Unis, qui ont donné une partie de leur pays, est « intolérable. »

​​​​L’ancien Vice-Ministre des Affaires Étranges, Richard Holbrooke, ne voit pas de raison, lui non plus, à la préoccupation des Serbes du fait que les États-Unis ont fait cadeau d’une partie de leur pays. Il donne une explication satisfaisante de la protestation des Serbes en faisant savoir : « Les Russes sont derrière. »

​​​​Nous pouvons comprendre la déchéance de la diplomatie étasunienne quand nous voyons nos diplomates expliquer que, si les Russes ne les avaient pas stimulés, les Serbes n’auraient pas remarqué la perte d’une partie historique de leur pays.

​​​​Peut-être que le Kosovo devait avoir son indépendance. Quoi qu’il en soit, le gouvernement étasunien ne pouvait pas manipuler le problème de manière plus provocante.

​​​​Washington s’ingère dans les affaires intérieures serbes depuis l’administration Clinton. On a raconté que les Étasuniens avaient évité un génocide. Peu ont prêté suffisamment d’attention aux facilitations apportées par Washington à l’éclatement de l’État yougoslave au cours des années 1990 ; ni aux attentats à la bombes et au meurtre de civils serbes, faits par l’administration Clinton dans le but de soutenir les séparatistes musulmans au Kosovo en 1999. Clinton s’est servi de la couverture de l’OTAN, mais la campagne de bombardement n’était pas avalisée par le Conseil de Sécurité des Nations unies. Les bombes sont tombées sur la Serbie 78 jours durant, détruisant les infrastructures publiques, les ponts, les usines, les centrales électriques, les usines pétrochimiques, les installations de télécommunications, les marchés, les réfugiés, l’ambassade de Chine, et un train de voyageurs. « Désolé chéri, dit le aux enfants, je ne serai pas à la maison ce soir. Le Président Clinton a décidé de bombarder mon train. » Des bombes à fragmentation et à l’uranium appauvri ont été utilisées. De façon manifeste, le gouvernement étasunien et son pantin, l’OTAN, se sont rendus coupables de crimes de guerre selon la norme de Nuremberg.

​​​​Les médias obéissants ont informé les Étasuniens de la nécessité des bombardements pour empêcher Slobodan Milosevic, le dirigeant yougoslave, de perpétrer des crimes de guerre contre les séparatistes qui ont volé une partie de son pays. Après ses bombardements, Clinton a intimidé l’establishment politique serbe, Milosevic a été évincé de ses fonctions, livré à l’empire contre un paiement de plusieurs centaines de millions de dollars, et remis à La Haye pour être jugé comme criminel de guerre.

​​​​Milosevic s’est défendu lui-même à son procès et a été plus qu’à la hauteur contre les accusations fabriquées de toutes pièces. Malheureusement, il est mort en prison. Beaucoup pensent qu’il a été aidé en cela par un empire embarrassé, dans l’incapacité de le déclarer coupable.

​​​​Quel est l’ordre du jour secret du gouvernement étasunien dans les Balkans ? Pourquoi le gouvernement des États-Unis aux côtés des Musulmans a-t-il l’intention de couper le Kosovo de la Serbie ? À quoi sert la création d’un nouvel État musulman près de l’Europe ?

​​​​Quels intérêts Washington a-t-il servi ? Manifestement, pas ceux des États-Unis. Ni ceux de l’Europe.

​​​​Et, s’il vous plaît, pas ces foutaises de « construction de liberté et de démocratie. » Comme l’écrivait le 20 février Peregrine Worsthorne, un célèbre conservateurs d’Angleterre, le crédit de « conscience de l’Occident des États-Unis est extrêmement réduit. »

​​​​Notre époque serait soi-disant l’ère de la mondialisation et du mondialisme. Les anciennes nationalités européennes se dissolvent dans l’Union Européenne, un nouveau super-État. Les sociétés étasuniennes ont désormais des intérêts transnationaux dénués de tout loyalisme national. Pourtant, les États-Unis ont travaillé dur à disperser un petit État des Balkans en éléments toujours plus petits. Pourquoi est-ce arrivé ? Pourquoi Bush a-t-il ordonné aux marionnettes des États-Unis, en Grande-Bretagne, France et Allemagne, de reconnaître tout de suite à province historique serbe comme un nouvel État musulman ?

​​​​Est-ce que le nouvel État du Kosovo, comme des rumeurs l’auraient laissé entendre, serait un bakchich de Richard Perle aux Turcs ? Ou l’explication serait-elle que la Serbie, comme la Palestine, l’Irak et l’Iran, dépourvus de toute couverture médiatique internationale, étaient faciles à diaboliser par les Néo-conservateurs de l’empire afin de créer le précédent d’un Washington décidant de quel territoire appartient à qui et qui le dirige ? Le bombardement de la Serbie par Clinton était un précédent pour les bombardements de Bush en Afghanistan et en Irak, et maintenant en Afrique, et demain en Iran et en Syrie.

​​​​Le jour où l’Empire des Fous bombardera la Russie ou la Chine, nous serons tous frits.

​​​​Soyez un patriote super macho, croyez votre gouvernement, aidez-le à faire frire le monde. C’est la voie étasunienne.

​​​​Paul Craig Roberts fut Secrétaire Adjoint au Trésor dans l’administration Reagan. Il est l’auteur de Supply-Side Revolution : An Insider’s Account of Policymaking in Washington, Alienation and the Soviet Economy et Meltdown: Inside the Soviet Economy, et est coauteur avec Lawrence M. Stratton de The Tyranny of Good Intentions : How Prosecutors and Bureaucrats Are Trampling the Constitution in the Name of Justice. Clic ici pour l’entrevue [en anglais] de Peter Brimelow de Forbes Magazine avec Roberts au sujet de la récente épidémie d’inconduite des procureurs.

Original : http://www.vdare.com/roberts/080224_empire.htm
Traduction libre de Pétrus Lombard pour Alter Info


Lundi 25 Février 2008
Paul Craig Roberts
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