Publié par : reopen911 | mars 13, 2008

L’US Army : Le départ de l’Amiral Fallon fait augmenter les craintes d’une attaque contre l’Iran

Par Chris Stephen, The Scotsman, le 11 mars 2008

Le chef des forces armées US au Moyen-Orient a brusquement démissionné hier soir après qu’un magazine eut déclaré qu’il était en désaccord avec l’administration Bush sur sa politique de la ligne dure contre l’Iran.



L'US Army : Le départ de l'Amiral Fallon fait augmenter les craintes d'une attaque contre l'Iran

Dans un revirement de nature à raviver les préoccupation à l’effet que les États-Unis pourraient être à préparer une action militaire contre Téhéran, l’Amiral William Fallon, chef du commandement central [NDT : le Centcom], quitte immédiatement ses fonctions.

Hier soir, il a nié être en désaccord contre les volontés de la Maison Blanche, mais il a déclaré que « l’embarra » engendré par l’article le rend incapable de faire son travail.

Le ministre de la défense des États-Unis, Robert Gate, a nié qu’il existait un désaccord avec l’Amiral, mais il a déclaré: « Je crois que c’était la bonne chose à faire, même si je ne crois pas, en fait, qu’il y a des différences significatives entre ses vues et les politiques de l’administration. »

L’amiral Fallon a fait l’objet d’un article dans la revue « Esquire » qui le dépeint comme étant opposé à la politique du président George Bush à l’égard de l’Iran. Cet article le décrit comme étant la seule voix contre une action militaire visant à stopper le programme nucléaire iranien.

L’amiral Fallon, qui est en voyage en Irak, a publié une déclaration par l’intermédiaire de ses quartiers généraux en Floride aux États-Unis.

Il a déclaré : « Bien que je ne crois pas qu’il y ait jamais eu de divergences sur les objectifs de notre politique dans la zone de responsabilité de notre commandement central [le Centcom], la simple perception qu’il en existe fait qui est difficile pour moi de servir efficacement les intérêts des États-Unis. »

Il y a des présomptions voulant que l’amiral ait été chassé suite à plusieurs affrontements qu’il aurait eus avec ses patrons du Pentagone sur la façon de gérer [la crise] avec l’Iran.

Les Démocrates ont déclaré que cette affaire a permis de dévoiler le fossé qui sépare le gouvernement des États-Unis de ses propres militaires au sujet de sa politique au Moyen-Orient.

Harry Reid, le leader de la majorité Démocrate au Sénat, a déclaré: « C’est un signe que l’administration est aveugle à l’égard de l’augmentation des coûts et des conséquences de la guerre en Irak. »

Lorsqu’il a été nommé en janvier de l’année dernière, l’Amiral a déclaré lors de son audition devant le Sénat que toutes les solutions diplomatiques doivent avoir été utilisées avant qu’une action militaire puisse être envisagée.

L’Amiral Fallon a été décrit comme un critique caché face à l’empressement du Pentagone à appuyer l’administration Bush dans l’invasion de l’Irak en 2003, qui n’a pas donné le temps aux inspecteurs de déterminer s’il existait vraiment des armes de destruction massive.

L’été dernier, lorsque Washington, appuyé par Londres, a accusé l’Iran de chercher à construire des armes nucléaires, l’Amiral a fait une sortie publique pour dénoncer le « continuel roulement de tambour de guerre. »

En décembre dernier, la prudence de l’Amiral à l’égard de l’Iran a semblé être justifiée lorsqu’un rapport des services de renseignement US a conclu qu’il n’y avait aucune preuve que l’Iran avait un programme d’armes nucléaires.

Mais l’actualité et la perte de vitesse des États-Unis et de la Grande-Bretagne sur de nouvelles sanctions contre Téhéran, semblent avoir uniquement servi à aiguiser les couteaux dans le Pentagone.

La revue « Esquire, » a qui l’Amiral a accordé un grand accès pour le suivre dans l’ensemble du Moyen-Orient, a conclu qu’il était « l’homme le plus fort qui se tenait entre l’administration Bush et [l’option de la] guerre avec l’Iran. »

La revue a spéculé que Fallon, âgé de 63 ans, serait limogé cet été parce qu’il est perçu pour être en travers du chemin à la menace d’une éventuelle action militaire.

Certes, sa démission est un embarras pour la Maison Blanche alors qu’elle tente de renforcer le soutien en faveur de nouvelles sanctions contre l’Iran.

L’administration Bush continue d’affirmer que s’il n’existe aucune preuve que l’Iran est en train de construire des armes nucléaires, la seule garantie qu’un tel programme ne débutera pas passe par un programme rigide d’inspection. De plus, l’administration Bush prétend que ce programme d’inspection ne peut être concrétisé que sous la pression des sanctions soutenues par la force militaire.

Mais la nuit dernière, M. Gates [NDT : Gates est le ministre de la défense des USA] a qualifié de « ridicule » l’idée que le départ de l’Amiral Fallon signifie que les États-Unis ont l’intention d’entrer en guerre contre l’Iran.

Il a même ajouté qu’il existe « une perception erronée » à l’effet que l’amiral Fallon est en désaccord avec l’approche de l’administration [Bush] à l’égard de l’Iran.

Il a insisté: « Sur une période de plusieurs mois, nous avons essayé entre-nous de faire passer derrière nous cette fausse idée, mais nous n’avons tout simplement pas réussi à le faire. »


UN EX TOP GUN : « DOUCEMENT, DOUCEMENT »

L'US Army : Le départ de l'Amiral Fallon fait augmenter les craintes d'une attaque contre l'Iran

L’Amiral Fallon a débuté ses 41 ans de carrière à titre de pilote d’avion de chasse [NDT: surnom US aux pilotes d’avion de chasse = Top Gun] et il a effectué des missions au Vietnam.

Il y a plus d’un an, il a pris la tête du commandement central [Centcom], c’est-à-dire le quartier général régional [de l’armée US] qui supervise les opérations militaires au Moyen-Orient, y compris en Irak.

Il a été placé à ce poste afin de faire taire les critiques contre la Maison Blanche qui avait fait une nomination politique en sélectionnant le général David Patreus pour prendre le commandement de la guerre en Irak.

Dans l’ancienne fonction qu’il occupait à titre de commandant du Pacifique, l’Amiral Fallon a développé des contacts entre les officiers des États-Unis et leurs homologues en Chine, favorisant une meilleure compréhension entre les deux puissances.

Dans son nouveau poste il a répété son attitude « doucement, doucement, » en convoquant pour la première fois un sommet des Chefs de la Défense de la région du Golfe à ses quartiers généraux de Tampa en Floride.

Il prendra une retraite anticipée à la fin du mois et son adjoint, le Lieutenant Général Martin Dempsey, assumera l’intérim jusqu’à ce qu’un nouveau commandant central soit choisi.

La nuit dernière, le président George Bush a déclaré que l’Amiral Fallon porte à son mérite « un crédit considérable pour les progrès qui ont été réalisés en Irak et en Afghanistan. »

Traduit par Dany Quirion pour Alter Info

Déjà abondamment reproduit par la presse alternative de langue anglaise, l’article original a d’abord été publié dans le journal « The Scotsman, » un quotidien en Écosse : http://thescotsman.scotsman.com/latestnews/Fears-of-strike-on-Iran.3867284.jp


Jeudi 13 Mars 2008
danyquirion@videotron.ca
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