Publié par : reopen911 | juin 19, 2008

Les USA ont publié les plans de la bombe atomique sur internet

Les Etats-Unis, qui affirment vouloir assurer la sécurité globale et au nom de cet objectif s’arrogent le droit d’attaquer l’Iran, présentent la dissémination de la technologie nucléaire comme un risque majeur, inacceptable. Il s’agit là d’un argument sérieux, qui semble devoir mériter considération. A ceci près qu’en 2006, dans sa frénésie de prouver rétrospectivement le bien fondé de son invasion de l’Irak, la Maison Blanche a publié sur le net la recette de la bombe sur un site mettant à disposition du public les archives saisies après la guerre. Au grand dam de l’AIEA.

Par William J. Broad, New York Times, 3 novembre 2008 – extraits

En mars 2006, le gouvernement des USA a créé un site Web destiné à rendre publiques les nombreuses archives de documents irakiens saisis durant la guerre. L’administration Bush a pris cette décision sous la pression des élus Républicains du Congrès qui espéraient mettre à profit Internet « pour trouver de nouvelles preuves des dangers posés par Saddam Hussein, avant le déclenchement de la guerre ».

Mais au cours des dernières semaines, le site « Opération Iraqi Freedom Document Portal » a publié des informations que les experts en armement jugent dangereuses. Il s’agit des comptes rendus détaillés des programmes Irakiens secrets de recherche nucléaire, datant d’avant la première guerre du golfe en 1991. Selon les experts, ces documents fournissent un guide de base pour la fabrication d’une bombe atomique.

La nuit dernière, le gouvernement a fermé ce site après que le New York Times se soit fait l’écho des protestations émises par les spécialistes des systèmes d’armes et les fonctionnaires internationaux chargés du contrôle des armements. Un porte-parole du directeur des services de renseignement a annoncé que l’accès au site avait été suspendu « en attendant un examen destiné à s’assurer que son contenu convienne à une diffusion publique. »

Les fonctionnaires de l’Agence Internationale de l’Energie Atomique, craignant que ces informations puissent faciliter le développement d’armes nucléaires pour des Etats comme l’Iran, ont adressé la semaine dernière une protestation officieuse au délégué américain auprès de l’AIEA, affirment des diplomates européens qui ont choisi de garder l’anonymat. Un diplomate déclare que les experts techniques de l’agence « ont été choqués » par cette divulgation.

Les documents incriminés, au nombre d’une douzaine environ, sont des diagrammes, des schémas, des formules mathématiques ainsi que de longs textes explicatifs sur la fabrication de bombes nucléaires. Les experts qui les ont consultés estiment que ces informations vont au-delà de ce qui est disponible sur Internet ou dans d’autres forums publics. Ces documents fournissent des informations détaillées sur le processus de fabrication des circuits de tir nucléaire et de déclenchement des explosifs, ainsi que sur les noyaux radioactifs des bombes atomiques.

« Pour les Etats-Unis, c’est très irresponsable de lancer un allumette sur un terrain aussi inflammable », juge Bryan A. Siebert, ancien responsable de la classification des documents au ministère de l’Energie, chargé des programmes d’armement nucléaire. « Il y a beaucoup de choses concernant les armes nucléaires qui sont secrètes et doivent le rester. »

Le gouvernement avait déjà reçu des avertissements sur le contenu de ce site Web. Au printemps dernier, après que le site ait publié des documents irakiens traitant des armes chimiques, les fonctionnaires des Nations Unies en charge du contrôle des armements avaient obtenu le retrait d’une page qui fournissait des informations sur la production du tabun et du sarin, des agents neurotoxiques mortels qui provoquent une insuffisance respiratoire.

Des diplomates européens ont déclaré cette semaine que certains des documents rendus disponibles sur ce site sont identiques à ceux présentés au Conseil de sécurité de l’ONU à la fin 2002, alors que les USA se préparaient à envahir l’Irak. Mais contrairement à la version publiée sur Internet, les documents transmis au Conseil de Sécurité avaient été largement censurés, afin de dissimuler des informations sensibles sur les armes non conventionnelles.

Cette expurgation, selon les diplomates, avait été réalisée en accord avec les responsables américains et ceux des nations maîtrisant la technologie nucléaire. Mohammed El Baradei, le directeur de l’Agence Internationale de l’Energie, qui fut responsable d’une partie des inspections en Irak, avait déclaré au Conseil de Sécurité fin 2002 que ces précautions étaient « consistantes avec la règle selon laquelle les informations sensibles ne doivent pas être rendues publiques. »

Un diplomate européen de haut rang note que des experts ont étudié ces documents nucléaires publiés sur ce site et ont jugé leur publication potentiellement dangereuse. « C’est un livre de cuisine », déclare ce diplomate, qui s’exprime anonymement en raison de son obligation de réserve. « Si vous disposez de cela, cela accélère un tas de choses. »

Le New York Times a examiné des dizaines de ces documents et a demandé à plusieurs experts nucléaires d’en évaluer certains.

Peter D. Zimmerman, un physicien qui a travaillé au service de l’état, les a qualifié de « très sensibles, dont une grande partie relève sans aucun doute de données classifiées. »


 

Publication originale New York Times, traduction Contre Info

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