Publié par : reopen911 | août 7, 2008

La pornographie du pouvoir et le piratage du 11 septembre

Robert Scheer, journaliste américain, éditeur de Truthdig consacré meilleur blog politique collaboratif 2007, et professeur de communication à l’Université de Californie du Sud, vient de publier au mois de juin chez Grand Central Publishing un livre détonnant intitulé « La pornographie du pouvoir : Comment les faucons de la Défense ont piraté le 11 septembre et affaibli l’Amérique« , dont nous présentons ici une traduction de la présentation, ainsi que celle d’un de ses articles ayant suscité l’un des points de départ de sa réflexion, dans un souci de partage d’information translangagier.

Résumé de « La pornographie du pouvoir : Comment les faucons de la Défense ont piraté le 11 septembre et affaibli l’Amérique » :

Robert Scheer, journaliste vétéran, remet en cause la politique de défense américaine et son budget militaire démesuré dans un travail polémique pugnace et rigoureusement documenté. La tragédie peut être une opportunité, écrit Scheer, et le 11 septembre a fourni à l’industrie de la défense l’opportunité qu’elle a longtemps cherchée. Incapable de persuader les premières administrations Bush et Clinton d’investir dans des armes coûteuses et à la pointe de la technique, l’industrie de la défense renait lorsque le Président Bush lance sa guerre contre la terreur et augmente les dépenses militaires à leur plus haut niveau dans l’histoire. Scheer fait valoir que la guerre ne peut vaincre le terrorisme. Ce qui est nécessaire est un simple travail de police -tenace, fastidieux et peu coûteux-, non des bombardiers de plusieurs milliards de dollars, des sous-marins et un arsenal nucléaire – dépenses dont il soutient qu’elles sont inadéquates pour vaincre le terrorisme, et de peu d’utilité en Iraq. Il rappelle sobrement aux lecteurs que les Américains ne se sont jamais opposés aux budgets de défense, et que les élus opposés à la guerre oeuvrent aussi vicieusement que les néconservateurs pour apporter de l’argent aux industries de défense locales. Le discours de Scheer est aussi clair que son témoignage ; les lecteurs seront galvanisés par son exposé incendiaire.

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Point de départ de sa réflexion, nous proposons ici une traduction d’un de ses articles publié le 15 février 2005 dans le Los Angeles Times, quelque mois après la réélection de Georges W. Bush, et intitulé ’What we don’t know about 9/11 hurts us’.


Ce que nous ne savons pas à propos du 11 septembre nous blesse.

Par Robert Scheer, le 15 février 2005

Est-ce que Georges W. Bush aurait été réélu si le public avait compris quel est le niveau de responsabilité de son administration ayant permis la réussite des attentats du 11 septembre ?

La réponse ne peut pas être connue et, aujourd’hui, elle est sans objet. Pourtant, il est effroyable d’apprendre la semaine dernière que la Maison Blanche a dissimulé, jusqu’après les élections, un rapport accablant qui présente l’administration comme tristement incompétente sinon criminellement négligeante. Des extraits confidentiels du rapport de la commission sur le 11 septembre tardivement déclassifiés, qui se concentrent sur l’échec de la Federal Aviation Administration (FAA) à tenir compte des multiples mises en garde affirmant que les terroristes d’Al-Qaida envisageaient de détourner des avions comme armes de suicide, indiquent clairement que cette tragédie aurait pu être évitée.

Au cours des trois dernières années, les apologistes de l’administration ont essayé de faire de la FAA le bouc émissaire pour les attaques du 11 Septembre. Mais c’est le Président qui est en fin de compte responsable de la sécurité nationale, pas un organisme déficient qui a des obligations  envers l’industrie qui fournit ses moniteurs.

La terrible réalité est que l’administration n’a pris aucune des mesures qui auraient placé la protection de la vie humaine avant un ensemble divers d’intérêts économiques et politiques, parmis lesquels ne pas offenser nos amis Saoudiens et ne pas porter atteinte au cours des actions de sociétés de transports aériens.

Les avertissements fournis par les services de renseignements à la FAA étaient beaucoup plus clairs et plus spécifiques que ce qui  a été suggéré par la déposition de Condoleezza Rice devant la Commission sur le 11 septembre, quand elle a concédé à contrecoeur l’existence d’un exposé présidentiel mettant en garde de l’imminence d’attentats d’Al-Qaida. Rice a rejeté ces mises en gardes comme étant « historiques », mais selon la section récemment publiée du rapport de la Commission, un nombre étonnant de 52 exposés quotidiens d’informations de renseignement sur 105 reçus par la FAA – et disponibles pour Rice- faisaient spécifiquement référence à Al Qaïda et à Ousama Ben Laden.

Compte tenu de ce choquant antécédent d’indifférence de la part de l’administration, il est politiquement compréhensible que celle-ci ait tenté d’empêcher la formation de la commission sur le 11 septembre, en premier lieu, puis pendant cinq mois ait empêché la déclassification des principaux chapitres du rapport final. Les membres de la Commission, y compris son président républicain, Thomas Kean, ont déclaré dans le passé qu’il n’y avait aucun élément de sécurité nationale qui justifiait de maintenir ces sections du rapport à l’écart du public.

Et soyons clair : Le fait de ne pas divulguer pleinement ce que l’on sait sur la tragédie du 11 septembre n’est pas une transgression bureaucratique mineure. Jamais depuis que les Soviétiques ont fait exploser leur première bombe atomique il y a plus d’un demi-siècle, un événement n’a autant affecté les prises de décision dans ce pays, mais les principales questions sur comment et pourquoi cela s’est produit, restent toujours pour la plupart sans réponse.

Pire encore, ce que nous savons remet en question l’explication de notre gouvernement selon laquelle un diabolique complot terroriste international exploite notre société libérale et naïve. Ce qui a été révélé, en revanche, est le portrait d’un gang terroriste souvent maladroit autorisé à faire des ravages parce que les hauts niveaux de l’administration ignoraient superbement les alarmes, que l’ancien directeur de la CIA, George Tenet décrivait de façon si graphique : « Le système était en alerte rouge. »

Si l’administration proche du monde des affaires avait placé la sécurité avant toute autre considération et ordonné la mise à disposition d’officiers de l’air sur les vols, passant au-dessus des objections obscènes des compagnies aériennes répugnant à abandonner des sièges payants, près de 3000 personnes ne seraient peut-être pas mortes ce jour là. Et si le président  des États-Unis avait pris un peu temps pendant ses épiques vacances dans son ranch au mois d’août pour ordonner une alerte nationale dans les aéroports, deux guerres sanglantes à l’étranger, ainsi que la mise à mal des libertés civiles dans ce pays, n’auraient probablement pas eu lieu .

Au lieu de cela, une administration qui n’a pas voulu dépenser les quelques dizaines de millions de dollars nécessaires à renforcer la sécurité aérienne avant le 11 septembre approche maintenant les 300 milliards de dollars de dépenses pour l’Afghanistan et l’Iraq [en 2005]. Et des documents déclassifiés démontrent incontestablement que ces dernières n’ont rien à voir avec le 11 septembre. Pendant ce temps, les pays qui   étaient liés à ces attentats au moins indirectement, notamment la plupart des « alliés » de l’Arabie saoudite et le Pakistan, ont été tirés d’affaire.

En effet, la Commission sur le 11 Septembre n’a pas été autorisée à s’intéresser de près à cette histoire : c’est un fait de base peu connu mais étonnant que le texte explicatif sur la tragédie se fonde sur interrogatoires de détenus clés que les commissionnaires sur le 11 septembre n’ont pas été autorisés à interroger eux-mêmes. Il ne leur a même pas été permis de prendre le témoignage des personnels de renseignements des Etats-Unis qui ont interrogé ces prisonniers.

Lorsque la vérité et la transparence gouvernementales sont arbitrairement forgées de toutes pièces par l’invocation de la sécurité nationale, le public est tout simplement incapable de prendre des décisions éclairées sur la plupart des décisions cruciales auxquelles nous sommes confrontés – à commencer qui nous élisons comme commandant en chef.

Copyright 2008 Los Angeles Times

Traduit par Aurélien pour ReOpen911 news

http://www.reopen911.info/News/2008/07/25/la-pornographie-du-pouvoir-et-le-piratage-du-11-septembre/

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